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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 15:30

  Ange nu aux ailes blanches

 

 

Un arbre était tombé de toute sa hauteur,

Remplissant les jardins de stupeur.

Lui qui touchait au ciel le priait en silence,

Humilié, comme on voit bien souvent les géants,

A genoux, implorant et pleurant.

 

On s’interroge, il est immense,

Que faire de ce tronc, il faudrait l’amputer,

De ses branches d’abord, car le monstre a planté,

Comme chaque voisin les devine s’étendre,

Ses tentacules longs, ses racines noueuses,

Au fond de la terre argileuse.

 

La souche, tout est là ! Comment l’ôter, la prendre,

Quel jardinier peut l’enlever ?

Les grands froids seront là avant qu’on l’ait trouvé,

Celui qui pourrait seul arracher de la terre,

Cette pieuvre enfoncée au tréfonds de nos champs !

Tout ce bois perdu pour l’hiver…

 

Il nous le faut, même méchant,

Cet homme qui saura nous sauver de cette hydre,

Le temps passe bien vite et l’eau de la clepsydre,

Aura gelé l’horloge avec les habitants,

Si nous ne trouvons pas demain ou maintenant,

Ce jardinier que nous cachent nos dieux, ou même,

Nos démons dans leurs noirs repères,

Quel enfer !

 

La crainte arrive et chaque femme devient blême,

Tout crie, s’arrache les cheveux,

Tout appelle son diable et du bois pour son feu !

Personne à l’horizon, rien aux cieux, impensable…

Rien ne monte du sol, ni racine ni homme,

Le froid vient, dans les vals, dans les âtres, les sommes,

Chacun devient abominable…

 

La Mort approche et rit, glacée, reine sans joie :

Vous attendiez du feu, passez la nuit chez moi,

Il est dans mon pays des flammes magnifiques,

Laissez-moi vous porter sous l’herbe où vont les vieux,

Là-bas, j’assècherai vos yeux

De mes fumées archangéliques !

 

Sébastien Broucke

24 juillet 2013

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 11:00

Oeil-de-vie.jpg

 

Longtemps séparés par la mer,

Nos corps aujourd'hui le sont moins,

Désormais ravies par la terre,

Nos mains mêmes s’aiment moins loin.

 

Je suis un esprit sans un souffle,

Je ne m’éloigne ni ne cours,

Ainsi qu’un vieux sage en pantoufles,

Qui hume le néant des jours.

 

Des vagues t'éloignaient de moi ?

La vie n’a plus rien contre nous,

Dans ces collines qui nous noient,

Mon âme est blottie dans ton cou.

 

Un autre monde arrive enfin,

Et ton regard n’a plus de larmes,

Dans ce pays qu’est ce jardin,

La rosée renaît de tes charmes.

 

Déjà mon cœur auquel tu tiens,

Immobile sous son drap d’herbe,

Se cambre effleuré par le tien,

J’étouffe et t’aime en d’autres verbes.

 

Si la terre au ciel se mélange,

En des couchants indélébiles,

Etrangement j’entends un ange,

Ressuscitant mes os d’argile.

 

Pardon pour l'oiseau qui s'enfuit,

Pardon pour la branche qui casse,

A frôler tes doigts dans la nuit,

Je ne suis qu’un mort qui trépasse.

 

Sébastien Broucke

21 & 22 juillet 2013

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 00:30

 

Arbre-seul.jpg

 

Un poème nouveau s’est assis sur la branche,

Et le chant d’un oiseau qui revient et se penche,

Vers mon oreille ouverte où vont mille et un sons,

Semble agiter les fleurs comme un vent de moisson.

La nuit n’a pas germé ses écumes d’étoiles,

Pas encore. Au lointain, sur la mer, vont les voiles

De ces nefs égarées courant d’autres matins,

Pour vomir leurs trésors ou chercher un butin.

Enfin, il disparaît. Le soleil a sombré

Vers un étrange ailleurs qu’un soir vient obombrer.

Où s’en va-t-il dormir, entre combien de planches

Invisibles, mourir, dans quel cercueil étanche ?

La branche plie. Un peu. Est-il seul, est-ce un nid,

Combien peut-on de mots quand l’été reverdit,

Combien d’ailes sur eux lorsque vont en sueur

Les hommes étourdis par le vin des chaleurs ?

Ma muse et mon esprit sont lovés dans du vers,

Ils s’aiment dans la nuit, au-dessus de la mer,

Tu sais, ce promontoire où la falaise penche,

Et l’arbre. L’herbe rase a pour ciel quelques branches.

 

Sébastien Broucke

19 juillet 2013

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 18:00

  Modele-2.jpg

 

 

Je promenais mon cœur sur votre boulevard,

M’étonnant par moment de vous avoir suivie ;

Là, respirant la joie des oiseaux de hasard,

J’élançais vers leur bleu mon âme enfin ravie.

 

Je marchais bienheureux en vous regardant comme

Un ange un peu perdu dans le monde des hommes.

Vous avanciez princière ainsi qu’un astre d’or,

Mais ce n’est pas un ciel qui me brûlait alors.

 

Je sais qu’on voit parfois, en fixant des chandelles,

Nos pupilles sécher dans des larmes rebelles,

Mais à boire aux regrets que j’ai versés sur lui,

J’ai compris qu’avec vous le bonheur avait fui.

 

Courant la salle obscure, ignorant l’échéance,

Je n’ai pour souvenir qu’une seule séance :

J’ai vu des boulevards, mille films, mille étés,

Croisé des gens épris, des malheureux, des traitres,

Mais au bout de la vie, rembobinant les mètres,

Je n’ai plus qu’une image en moi qui gît, plantée,

Ces ailes du hasard qui revient m’éventer…

 

Sébastien Broucke

17 & 18 juillet 2013.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 19:30

Memoire-d-un-banc.jpg

 

Comme vont les oiseaux se poser sur des branches,

Sur moi je les ai vus, du lundi au dimanche,

Déposer leur fatigue ou mûrir leur espoir.

Sous leurs dehors divers, leurs idées parfois noires,

Sur mes planches assis tous étaient mes enfants,

Jamais je n’ai songé qu’ils étaient différents !

Combien en ai-je vu sur moi poser leurs fesses,

Des petites, jolies, ou des pleines de graisse ?

Peu m’importe aujourd’hui, je sais depuis toujours,

Qu’un homme qui s’assoie porte en lui quelque amour,

Qu’une femme qui vient en se tenant les reins,

Est lourde de l’enfant en santé dans son sein.

Chaque jour j’en ai bu des rires et des larmes,

Portant à bout de bras la fille emplie de charmes,

Ou le garçon ému qui n’osait lui parler.

J’ai révéré des gens qui sur moi s’écroulaient ;

Et ces vieux qui passaient chaque jour pour goûter,

Savent-ils quelle joie, quand leurs miettes tombaient,

Ils faisaient aux pigeons qui s’en gavaient sous moi ?

Je l’ai vu l’amoureux dont le cœur en émoi,

Faisait battre le mien dans mes planches de pin…

Puis lorsque la plus belle enfin toucha sa main,

Savez-vous que c’est moi, ravi, qui étais là ?

Le clochard endormi qui ne le pouvait pas,

Son costume troué, honteux quand un gardien

Le délogeait ainsi qu’on le ferait d’un chien…

Oui j’ai vu tout cela, je sais bien plus encore,

Pourtant je ne suis rien, juste un peu de bois mort !

Mais chacun son travail et même l’homme sombre,

En comptant son argent et ses soucis sans nombre,

Méritait de venir sur moi poser son cœur,

Pour contempler ce parc, ou murmurer j’ai peur…

 

Sébastien Broucke

26 juin 2013. 11h-12h.

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 20:20

 

 

Femme-a-l-envers-copie-1.jpg

 

 

Je t’écris, ma mémoire à toi-même enchaînée,

Mes mots puisant le jour en des matins damnés.

J’affronterais sans peur mille meutes de loups,

Mais rentrapercevoir, même loin, même flou,

Ton regard azuré où se mirait mon âme,

Je tremble comme un cœur où s'épanche une lame…

 

Si de nous le fantôme est mort décapité,

De caresses, de joie, cette chambre est hantée.

Rien pourtant n’ose entendre, au lointain des soupirs,

Ce qu’au creux d’autres draps nos mains venaient se dire.

Tout reste familier où je suis inconnu :

Je retombe à tes pieds, là la sainte était nue…

 

Mes souvenirs s’en vont tels des papiers froissés,

Aux corbeilles des ans je les vois s’amasser.

Relève-moi, j’ai honte, à genoux je survis,

Au bonheur de nous deux le passé me convie !

Je m’abreuve à la larme et m’enfuis, aphasique,

Le beau de nos instants me promène amnésique…

 

Va ! Reste en l’autre monde, émeus le paradis,

Abandonne à son sort, captif en son taudis,

Celui qui devant toi se faisait minuscule,

Celui qu’en un poème on nommerait virgule.

Par delà mes barreaux ton œil vient me sourire,

Ah ! Ferme ta paupière et que j’aille en mourir.

 

 

Sébastien Broucke

21, 22 & 27 juin 2013

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 16:30

 

Banc-de-poissons.jpg

 

Se connaissant par trois, gardant leur position,

Quatre sirènes bleues se succédaient entre elles ;

A pâlir chaque année de leur résurrection,

Le monde en devenait toujours moins immortel…

 

J’ai croisé, j’ai frôlé ces naïades étanches,

J’en ai séduit plus d’une avec ma simple voix,

Pourtant comme un pêcheur devise avec les tanches,

Je n’ai pu en saisir aucune entre mes doigts…

 

Maintenant sur le bord du fleuve où je succombe,

Ignorant tout des eaux qui assèchent ma terre,

Comme un banc de poissons qui s’éloignent en trombe,

J’entrevois les saisons qui s’enfuient vers l’amer…

 

Sébastien Broucke

1er avril 2013

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 19:30

 

Fille-a-la-tresse.jpg

 

Après avoir langui quelques mois en voyage,

Le printemps revenu défaisait ses bagages,

Il tirait des couleurs du fond de sa valise,

En étalant aux champs le vert de ses chemises…

 

Réfléchissant aux cieux ses lumières vernales,

Se fardant à l’envie, s’étirant en pétales,

Les ombrelles des fleurs éclosant sur leurs queues,

La douceur musardait ses papillons par deux…

 

Entrecroisant leurs vols, mésanges, tisserins,

Narguaient ceux qui rampaient dedans le romarin,

Mais vifs et laborieux, les insectes au sol,

Avaient en boutons d’or un ciel de parasols…

 

Dans la rosée perlant aux toiles d’araignées,

Le soleil mis à nues descendait se baigner ;

Sur l’horizon lointain, en courbes sculpturales,

Des collines rêvaient à d’autres bacchanales…

 

Dans la fraîcheur des prés, les arbres des vallons,

Venant enfiler l’ombre ainsi qu’un pantalon,

Se trouvant sans bouquet pour leurs nids en pléiades,

Firent s’embourgeonner leurs branches par myriades…

 

C’est là que tu passas, c’est là que je te vis,

A côté de la source où boutonnait la vie ;

Découvrant ton éclat, irisée de reflets,

La nature éblouie te lança ses sifflets…

 

J’étais venu pour peindre un poème, un tableau,

Quand tu tombas du ciel en muse au bord de l’eau ;

Promenant sur mon cœur tes pinceaux, tes crayons,

Ton foudroyant retour me berça de rayons !

 

Sébastien Broucke

31 mars 2013

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 14:30

 

Le-flutiste.png

 

Son œil prisait autant la fleur que la vestale,

Son oreille appréciait l’air des vents virtuoses,

Car dans leurs mélodies parfois se superposent,

Le soleil d’une aurore et l’ombre vespérale…

 

Ce jeune homme était saoul de l’été au printemps ;

Les jours ne lui étant que des galets qui roulent,

Aux creux de sa main même en très fine semoule,

Il prenait pour une heure, un trimestre ou mille ans !

 

Il goûtait aux ruisseaux les laves translucides,

Le reflet flou des cieux, leurs lumières torrides,

Et quand son cœur fixait les astres vaporeux,

 

Le bonheur perforait son âme comme un phare,

Sa tête bourdonnait, il devenait fiévreux,

La nature emplissant son âme de fanfares…

 

Sébastien Broucke

28 & 29 mars 2013

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 16:30

 

Caspar David Friedrich

 

 

Vous n’en eûtes jamais et j’en devrais avoir,

Avez-vous regardé la lune en sa nuit noire,

Quelle étoile dévie de la route tracée,

Dois-je me repentir de vous avoir pensés ?

 

Sur vous, sur vos enfants, je convoque les cieux,

J’en appelle à la loi, à la justice, aux dieux ;

J’en appelle à l’orage, aux comètes, aux flammes,

Je demande qu’enfin on vous démembre l’âme !

 

Ma colère est sans nom car elle est sans égale,

Vous serez ce festin, vous serez ce régal,

Vers lequel, affamés, les prophètes me poussent,

Je vous veux sans un souffle, oui, vous périrez tous !

 

L’amour dégringolant, je m’en viens dévorer

Votre orgueil que je broie puis que je vomirai.

L’ire de mon courroux, je l’entretiens, l’attise,

Pour que brûlent sans fin tous les yeux qui y lisent !

 

J’approche enfin, jaloux, je consume vos corps,

Et ce qu’en eux j’étais je le jette dehors !

Vous ploierez sous la peur, demanderez pitié,

Car en avez-vous eu quand on vous la criait ?

 

Voyez ! Je suis, j’avance, et je rends au centuple,

Ce que pas un chez vous n’a produit au septuple !

Où l’avez-vous brûlé, dans quel âtre, quel feu,

L’enfant que vous n’avez été qu’un jour ou deux ?

 

Tout le grain de ma joie, de la paix, de l’amour,

A séché dans vos cœurs comme une argile au four.

Vous avez tout détruit, le voile est déchiré,

Vous n’êtes qu’un blé mort qui recouvre mes prés !

 

Je déteste le tiède, je hais l’insipide,

Je vous rêvais en blanc, je vous verrai livides !

Je vous offre en linceul ce drap qui sépara

Vos cœurs d’avec mon ciel, vos mains d’avec mon bras !

 

Votre esprit sans saveur me gâte tous les mets,

Ma patience est à bout, ah, je vous le promets,

Aux amères journées, aux années écœurantes,

J’ôte les lendemains, je démonte l’attente !

 

Me faisant assassin ainsi que vous le fûtes,

Je ne vous laisse plus une seule minute.

Riez, mais faites-vite, il reste peu de temps,

Bientôt dedans vos doigts vous tomberont les dents !

 

Remplies de vide immense et de méchancetés,

Des panses gonfleront à vouloir éclater,

Sur vos ventres vos mains cesseront de taper,

J’en ferai des tambours que fendront mille épées !

 

Je répands sur chacun la peur dedans son sang,

Etouffez-vous ensemble ou noyez-vous dedans,

Je ne veux plus jamais regarder cette image,

Où j’espérais, naïf, contempler mon visage…

 

Vous alliez revêtus de richesse éphémère,

Mais à les amasser goûtez ce qu’on y perd ;

Epinglés de rubans, pendus dans vos colliers,

Vos vies ne valent pas le prix de vos souliers !

 

Vous vous gaviez sans fin de peines, de faiblesses,

Vous dégustiez moqueurs le pauvre en sa détresse,

Ah, vous ne mordrez plus la veuve et l’orphelin,

Vous aurez vos remords pour derniers bouts de pain !

 

Que ferai-je de vous…? Même un luciférien

Ne voudraient de vos chairs pour en nourrir ses chiens !

Larves de niveau deux, qui croyiez-vous donc être,

L’univers m’offre-t-il une fosse où vous mettre ?

 

Fuyez, fuyez, qu’importe, on ne m’échappe point,

Je suis, j’agis. Chasseur vous traquant avec soin,

Je verse l’amertume où chacun viendra boire,

Déjà montent vos cris quand je descends vous voir…

 

Je harponne vos corps avec des vers rouillés,

Abîmant en vos cœurs, sur vos lèvres souillées,

Le vin de ma douleur car pour l’éternité,

Je suis vidé d’un homme empli d’inanité…

 

 

Sébastien Broucke

23-27 mars 2013

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