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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 14:00

  ange caché

 

A foncer dans ce froid, à ramper sur ce sable,

J’entrevois que le feu n’a rien de redoutable,

Que l’enfer est de glace et que là s’y consument

Tous les efforts fournis pour courir sous des plumes.

 

Le pire est ce ciel sourd où ces oiseaux sans flamme

Ne crient ni ne rient plus tant comprendre l’infâme

Les effraie. L’air est gelé, le ciel anthracite,

La mer avance, hoquette, et les flots se délitent.

 

Une force indomptable a modifié les lois,

La lune n’y peut rien, la plage a tous les droits,

L’aller est malaisé, le retour impossible,

Et l’impuissance en tout soumise à l’invincible.

 

Heurtant des crabes morts, des poissons médusés,

L’hiver travaille au corps la nature abusée ;

Son cœur ne pulse rien, ses mains vont bleues, froisser

La robe des chevaux de ces armées blessées.

 

Tout blanchit, devient fou, les flots se statufient,

Plus rien n’est assez fort pour crier : « Ça suffit !

Retourne d’où tu viens, retourne dans tes terres,

Rends aux sommets leur neige et sa houle à la mer. »

 

L’hiver s’en fout, l’hiver avance, il est vainqueur !

N’ayant plus de frontière à ses envies d’ailleurs,

Il vient tout pétrifier, les plages obtempèrent,

A transmuter les eaux en ouvrages de verre !

 

L’onde crache l’écume ainsi que des cailloux,

Tout râle, tout rend lame, et le froid, ce voyou,

Jubile quand la mer aperçoit bafouées

Ses filles sur leurs sœurs qui viennent s’échouer.

 

Se traînant gravement, s’évertuant quand même

A tenter de toucher ces digues qu’elles aiment,

Sous les doigts des vents gris transissant l’eau qui tremble,

Elles souffrent chacune, elles meurent ensemble.

 

Figées dans leur élan par un sculpteur martial,

Erigeant en mourant leur propre mémorial,

Toutes déshabillées de la force de vivre,

On croirait des esprits momifiés de givre.

 

A remuer leurs eaux qui songent à sécher,

Sur l’onde atrabilaire on voit se détacher

En ces vagues gelées des rouleaux stupéfiés,

A croire que la mer se fait photographier !

 

Il est une autre image où le regard s’étonne,

Un moment de blessure aux anges qui chantonnent,

Une erreur à la vie, un problème à la foi,

Que seuls les plus aimants comprennent quelquefois.

 

Regarde cette femme où la larme a passé,

Sa vie s’est arrêtée quand la tienne a cessé,

Aux horloges du temps n’est plus qu’une saison,

L’hiver de ton absence a rempli sa maison.

 

Là-bas, petite enfant, dans son âme plaintive,

Tu demeures sculptée sur de célestes rives,

Sa mémoire amputée de vos années perdues

Est comme la banquise à ses yeux suspendue.

 

Miracle que de vivre en regrettant un mort !

Brisée dans ton élan, je sais bien que tu dors,

Mais puisque dans ses bras tu n’es pas revenue,

Ton sourire est gravé dans sa plaie mise à nue.

 

La vague à l’océan doit sans fin repartir,

Retourner en arrière est son seul avenir,

Cela fait des années qu’aux cieux restant pendue,

Cette âme prie ce dieu qui en est descendu.

 

Est-Il sourd, elle indigne, en demande-t-elle trop,

Dans son froid souvenir n’es-tu qu’un amas d’os ?

Elle t’aime toujours, encore, et vient le dire,

N’espérant rien de plus que voir tes yeux rouvrir.

 

Ne crains rien, Il entend le malheureux qui sonne

Ou frappe, Il goûte sa peine en personne.

Crois-moi, le jour arrive où chaque âme éplorée

Verra fondre la fille où la mère à pleuré…

 

 

Sébastien Broucke

17-21 avril 2014

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 20:30

Enfants.jpg

 

Se posant sur des fleurs ou sur le vert des feuilles,

Tournoyant dans les airs et le bleu de son œil,

Lui chavirant la tête à l’écrouler dans l’herbe,

Des papillons dansaient dans les couleurs en gerbes.

 

Venant désaltérer l’insecte et l’animal,

La rosée s’étalait en bouchons de cristal,

Et dans ces frais miroirs réverbérant les nues,

Scintillait tout l’amour d’un jour redescendu.

 

Yann riait de la voir, avec ses jupes blanches,

Courir dans le matin qui traversait les branches.

Gauche et pleine de grâce, elle aimait se cacher

De lui lorsque sa robe aux buissons s'accrochait…

 

Enivrés de lumière, intense, immatérielle,

Ils trinquaient de concert tous les rayons du ciel !

A l’ivresse de vivre ils ajoutaient cette autre,

Se rouler dans les prés où tant d’odeurs se vautrent.

 

Comme fait le bonheur quand il vous prend la main,

Le temps se suspendait au cou du lendemain,

L’heure tournait pourtant à nos deux enfants sages,

Leurs cieux bleus s’empourprant au teint de leurs visages.

 

Le soir vint. Isabeau ! Un cri montait au loin,

C’est maman qui m’appelle, embrasse-moi au moins !

Il lui saisit la main, elle attrapa son cœur,

Et le soir n’eût jamais de plus douce saveur…

 

Sébastien Broucke

11, 14 & 15 avril 2014

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 19:30

Slave.jpg

 

Je sortais de chez moi souvent par l’œilleton,

Me cachant à sa vue pour mieux la regarder !

Un jour, mandant les cieux de m’offrir une idée,

Mon œil fut ébloui par un ciel de coton.

 

Beaux, blancs, tenant en l’air sans corde ni bâton,

Se poursuivant l’un l’autre, heureux de gambader,

Leurs si petits agneaux passant sans s’attarder,

De nuageux troupeaux transhumaient leurs moutons.

 

Se rattrapant parfois, j’en voyais quelque uns,

Qui s’emmêlaient en l’autre à n’en faire plus qu’un…

Voilà, voilà, me dis-je en descendant des nues !

 

Depuis ce matin-là jamais plus je ne tremble,

Si ce n’est en frôlant dans ma rue l’inconnue,

Quand sa main dans ma main nous avançons ensemble…

 

Sébastien Broucke

9 avril 2014

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 11:35

femme allongee dans le feuillage

 

Après quelques années-retours, je m’échappe à jamais,

Mon souffle lent se perd aux lumières étreintes ;

N’emportant ni mes mots ni mes frêles empreintes,

Je pourfends la frontière où tout vient s’arrêter.

 

Aucun n’est revenu de la terre où je cours,

Sans doute y oublie-t-on le chemin pour rentrer,

Les gens que l’on aimât, notre propre portrait,

Tant tout n’est destiné qu’à s’y dissoudre un jour.

 

Au milieu d’étrangers qui me deviennent chair,

Je pense à m’éveiller tandis que tout sommeille,

Mais dans ce lieu plus noir qu’un monde sans soleil,

La peau qui m’est restée git caressée de vers.

 

Pour déchirer ma nuit d’une ode au firmament,

Jouez-moi dans le corps des arpèges nouveaux,

Déversez du Sauveur son âme dans mes os,

Et faites-moi renaître ainsi que le printemps.

 

Ressuscitant mon cœur, me chamarrant d'envie,

Comme un jardin j’attends qu’on me vête de fleurs,

Qu’on m’affuble de beau, qu’on m’affole d’odeurs,

Me parfumant de ciel, de prière et de vie…

 

8 avril 2014

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 19:00

Robe.jpg

 

Le crépuscule ouvrage au loin, immensément,

Redéposant sur l’horizon, sur les prairies,

Ses nuances de rose entremêlées de gris,

En tissant de pénombre un châle au firmament.

 

Le soir descend des cieux, de ses voutes repeintes,

Il rhabille les toits de tuiles obscurcies,

Une lune s’approche, un nuage noircit,

Et la brune en écharpe un soleil roux s’éreinte.

 

La nuit tombe sans bruit, sans même un seul effort,

Dans le vert des jardins, sur l’eau dessous les ponts,

Puis le noir en vainqueur aux lumières répond,

Enfin je vous revêts du linceul de la mort.

 

Mais une aube soudaine allume les fenêtres,

Les lueurs du lointain s’en vont percer les ombres,

Ce qui ne brillait plus devient partout moins sombre,

Et le jour se découpe en drapant tous les êtres.

 

Voici le matin fier et tous ses traits vengeurs ;

Il transperce les nues, ils mugissent et dardent,

Et les champs dénudés et les herbes hagardes,

Se laissent sans maudire être élégants de fleurs…

 

5 & 6 avril 2014

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 17:30

Jambes d'enfant

 

 

Chargées d’un bout de feuille et sous l’ombre d’un banc,

Cheminaient sans se plaindre et sur un même rail,

Des fourmis qui rentraient comme toi au bercail,

Moquant le soleil bas de l’été finissant…

 

Dans mon âme attristée un frêle épouvantail,

Intriguait tes oiseaux qui fuyaient le beau temps,

Tu repartais chez toi, ta valise enfermant

Nos souvenirs trop grands pour mon petit poitrail…

 

Le train lourd s’arrachait laborieusement ;

Agitant mes deux mains ainsi que des cisailles,

Je fixais ton bras nu comme un fétu de paille,

Puis tu ne fus plus rien qu’un point disparaissant…

 

A t’attendre aujourd’hui, comme dans un vitrail,

La lumière ose enfin transpercer le vieux banc,

Les fourmis ne sont plus, disparus nos dix ans,

Mais je crains qu’à te voir un autre train s’en aille…

 

Sébastien Broucke

3 & 4 avril 2014

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 19:00

Ange et homme

 

Là-bas, dans les sous-bois, dans la pénombre austère,

Courent les souvenirs qui contaient notre histoire,

Passant main dans la main sous des branchages noirs,

Ces fantômes s’en vont, deux par deux, solitaires.

 

Fuyant ce qui me hante, éclipsant ma jeunesse,

De la maison sans vie ils s’éloignent du seuil,

Enivrés à mes joies ils vomissent le deuil,

Qui me monte du cœur à trop grande vitesse.

 

Les jours de grand ciel bleu sont éteints, c’est la nuit,

Je m’éclaire à la lune, irréversiblement,

Et zébrant mon sentier comme un pressentiment,

Une ombre lente et floue tremble au temps que j’essuie.

 

La vie m’a préservé de beaucoup de misères,

Et je ne souffrais pas de ce qui me manquait,

Indocile, insoumis, j’aurais sans abdiquer

Pu vieillir bienheureux sans changer mes repères.

 

Une heure à ton soleil a délavé mes yeux !

Oui, sous tes longs cheveux comme une étoile en fête,

Déchirant mon espace ainsi qu’une comète,

Tu brûlas mille feux dans mon ciel de banlieue.

 

Aujourd’hui je survis, bien malheureusement,

Les signaux sont au vert, mon état stationnaire,

Je tourne dans mon lit, je pose un pied à terre,

Et le passé visite un pitoyable amant…

 

J’aurais tant désiré ne jamais m’en sortir,

Etreint par une corde embrasser les cieux vides,

Mais ils m’ont ramené dans ce monde livide,

Où plus un seul prénom n’embaume l’avenir.

 

Ils m’ont remis debout pour aller de l’avant…

Où voudrait-on que j’aille, amputé de la joie,

Je n’ai plus qu’à mourir une seconde fois,

Maudissant dans ma nuit tous les soleils levants !

 

Je n’ai rien à laisser ! L’absence ? Une vétille !

En filant sous les fleurs des pulls aux asticots,

Je craindrais moins l’enfer que ces coquelicots,

Parlant encor de nous dans l’herbe qui scintille.

 

Mon énergie faiblit, je descends, je m’écrase,

Je m’abîme, je sombre, et tel un satellite,

Vieillir me fait déchoir, vivre me désorbite,

Car à quoi bon ce ciel si tes yeux ne l’embrasent…

 

Sébastien Broucke

26 novembre – 1er décembre 2013

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 12:00

Femme papillon

 

Parfois comme une mouche hébétée tourne en rond,

Guerroyant une ampoule, attaquant un plafond,

Plus souvent qu’à mon tour au vide je m’étale,

Admirant le reflet d’une lointaine étoile…

 

Semblable à cet insecte, imbécile, agacé,

Je fixe une lueur sans pouvoir l’embrasser,

Et me brûlant les yeux puisque je n’ai pas d’ailes,

Je m’aveugle au flambeau pour un astre du ciel !

 

Sébastien Broucke

20 & 21 novembre 2013

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 11:30

Bateau-echoue.jpg

 

Comme un navire en bois, mal fini, sans préceinte,

On t’a jeté dans l’eau en corps ensommeillé,

Où buvant de la houle et la vague et l’étreinte,

Tu regrettas souvent d’avoir appareillé.

 

Tes nuits se succédaient sous des lunes plus belles,

Chacune t’entrainant vers d’autres tourbillons,

Leurs robes étoilées de noir et d’étincelles,

Tourneboulant ton cœur de jeune moussaillon.

 

Qu’avais-tu du bateau, l’angoisse qu’il trimballe,

Cette peur de heurter d’invisibles écueils,

Mais à craindre la mort, dormant à fond de cale,

Tu n’étais qu’un vivant voguant dans un cercueil.

 

Aujourd’hui sain et sauf, regardant ta campagne,

Le soleil au zénith, tes épis gorgés d’or,

Naufragé bien chanceux échappé de son bagne,

Tu dois à un radeau d'avoir atteint ce port.

 

Sébastien Broucke

18 & 19 novembre 2013

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 16:00

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A mes doigts engourdis qu’un autre automne endort,

Comme on tombe en un rêve avant qu’en son sommeil,

En mon grenier caché, voulant écrire encore,

Je prie le dieu des mots que ma muse s’éveille.

 

Je veux lui rappeler nos promesses premières,

Quand nous portions alors de plus simples toisons,

Et que me réchauffant à ses yeux de lumière,

Nous choyions tous les deux pour l’autre en pâmoison.

 

Le ciel en sa grisaille en gouttes vaines sonne,

Tant j’attends son retour à l’heure de dormir,

Le temps passe et l’oubli, c’est là ce qui m’étonne,

Ne saurait éloigner nos âmes qui s’unirent !

 

Aux papillons tombés, aux parfums exhalés,

Je me ris de savoir que renaîtront un jour,

Dans la fraicheur d’avril, sur le bord des allées,

Ces fleurs disséminées dont les printemps s’entourent.

 

Car s’il reste aujourd’hui des murailles d’épines,

Arpentant de mon cœur les douloureux chemins,

Fixant le ciel vermeil quand le soleil s’incline,

Je pense aux soirs sans feu où m'enflammaient ses mains.

 

Sébastien Broucke

17 novembre 2013

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