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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 09:00

 

Les-naufrages.jpg


Tous les hommes rompus devenant suicidaires,

Leur vieillesse misère et leurs paroles sèches,

Tel un morceau de viande épuisée d’être fraîche,

Le rose de mes soirs fane couleur de terre…

 

Si l’agonie du monde est encore jolie,

L’humaine inquiétude, infâme, est laide à voir.

Mes vagues, mes journées ?!… Des murs ! Des nuits sans gloire,

Atteintes de colère et convaincues de gris !

 

Belle, invincible, immense ! Au moins, ton âme en moi,

Effrayante et profonde et sans aucun chemin,

Mène mon cœur au tien, mes rêves vers tes mains…

 

Aux montagnes tombées au dessous de mon toit,

La vie, l’autre océan, m’avait semblé sans fin,

Pourtant touchant sa rive au bateau d’un matin…






Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 13:00

 

Prince---Princess.jpg

 

J’étais engourdi de sommeils,

Et mourant j’entendais couler,

Du fond de mes sombres soleils,

Des gouttes d’eux dans mes forêts.

 

Mes instants de vie, mes ciels bleus,

S’écrivaient toujours au passé,

Et mes verbes, vins malheureux,

Survivaient au même imparfait.

 

Vivant dedans l’eau d’autres pluies,

J’allais mol et sans carapace,

Et rampant sur des temps enfuis,

Menais la vie d’une limace...

 

Jeunesse râpée, douleurs vives,

Sur moi n’allait rien de brillant,

Hormis la pureté naïve,

Et le blond des têtes d’enfant.

 

Dans ma nuit je n’ai vu qu’un astre,

Mais si beau, si tendre et si blanc,

Que l'aurore fut un désastre,

Et m’en souvenir ce tourment.

 

Ah ! si j’avais su devenir

Les rêves que j’avais de moi,

Mes étoiles qui voulaient luire,

N’auraient scintillé que pour toi.

 

Si j’avais pu juste t’atteindre,

Je sais bien que j’aurais osé,

A défaut de savoir te peindre,

T’appeler : Votre Majesté !

 

Car belle quand devenue femme,

Tu m’aurais su devenu grand,

C’est en prince aux pieds de ton âme,

Que Tu m'aurais trouvé charmant !

 

 

Sébastien Broucke

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 12:00

 

Le-Temple.jpg

 

Dans des temps lointains, m’étrangers,

Des lieux où nul ne me verra,

Un ciel nouveau viendra verser

La vie dans ce que tu créeras.

Dans tes veines, mon fils aimé,

Cet étrange dieu coulera,

Flot d’azur, d’ange et de secret,

Ce que l’amour ne donne pas.

 

Et pour que les tiens se souviennent,

- Puisqu’un cœur ne voyage point -

Que l’air traversant nos persiennes,

Nous souffle ce qu’on voit le moins,

S’étalant au vers des statues,

Bien cher enfant tu graveras,

Sur l’absurde et le déjà vu,

Ce bleu que ton sang ravira.

 

Dans toutes ces guerres passées,

Que rimes nous t’aurons confiées,

Ta quête sera de trouver

La force qui les justifiait.

Et puisqu’un jour ira tomber

Le temple que tu bâtiras,

Que ton nom survive à jamais

A celui qui le détruira.

 

Vers toi viendra tout ce qui fuit,

- L’enfance et la sincérité -,

Mais si l’absence te poursuit,

Affronte-la sans l’ignorer.

Défie-toi juste de la femme,

- Quand même elle serait ta sœur -,

N’écoute jamais que ton âme,

Méfie-toi toujours de ton cœur.

 

Tu pourras tout ce que tu veux,

Deviens seulement qui tu es,

Clément, décidé, courageux,

Fais mieux que tenter de t’aimer,

Que tes poèmes, tes regards,

Tes tableaux, tes contemplations,

Soient pour ton Dieu et ses hasards,

L’élan de ton adoration...

 

David---Goliath.jpg

 

Sébastien Broucke

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 18:00

 

La fourmi

 

L'indolence est absurde à qui ne réfléchit,

La vitesse sottise à quiconque n'agit.

Œuvrer plus doucement, penser moins lentement,

Voilà qui serait bon, peut-être, pour les gens.

 

 

Dévorant la fraîcheur qui naissaient des semailles,

Rampant d'un long élan, laborieusement,

Au milieu des milliers qui couraient au travail,

Un petit nombre allait d'un pas mou, souple et lent.

 

Semant leurs petits pas vifs autour des greniers,

La vague submergeait quelques masses posées.

En premiers les fardeaux, le porteur en dernier,

On offrait ses trésors à la communauté.

 

En haut le ciel était planté de grandes branches

D'où sur le sol tombaient de nombreux troncs immenses.

En bas, un lourd tapis, vert, semé de fleurs blanches,

Abritait sans un bruit ces mondes sans silence.

 

Dans un même moment, ce ridicule espace

Voyait se côtoyer deux formes et deux temps ;

Chacune ignorait l'autre et, traînant où fugace,

Chacun d'eux s'évitant se rencontrait pourtant.

 

Ce même lieu cachait deux règnes, deux empires,

Qu'une même eau trempait matutinalement.

Vivant au même endroit, n'ayant rien à se dire,

Qui se croisait souvent se parlait rarement.

 

Bavant dans la verdure ou gravissant des tas,

De semaine en semaine et de soleil en froids,

D'une herbe vers une autre et d'encas en repas,

Ce petit monde allait de sueur en effrois.

 

Où l'on ne semait pas, l'on vivait de vendanges,

Et ce petit morceau de verdure ondoyante,

Que traversaient craintifs nos insectes étranges,

Nourrissait l'habitude et leurs âmes grouillantes.

 

Les unes étaient molles et grosses et grasses,

Copieusement peu, abondamment énormes,

Condamnées à ramper, courageusement lasses,

Cherchant tant bien que mal à vivre vermiformes...

 

Les autres, fines, dures, toutes ingénieuses,

Alertes, courtes, vives, sèches et pressées,

Généreuses bien peu, énormément nombreuses,

Mouraient sans connaissance en vivant de chercher...

 

En premier les fardeaux, le porteur en dernier !

On s'offrait sans bonté pour sa communauté.

Semant les petits pas vifs au loin des greniers,

La vague submergeait quelques masses posées.

 

Au milieu de ces fous qui couraient au travail,

Un petit nombre allait d'un pas visqueux et lent.

Dévoraient la fraîcheur qui naissaient des semailles,

Rampant d'un morne élan, laborieusement...

 

 

Certains sont incapables d'aller prestement,

D'autres ne peuvent pas aller plus doucement.

La limace jamais n'ira rapidement,

La fourmi pourrait-elle aller nonchalamment ?...

 

 

 

Sébastien Broucke

Grelots d'Outre-Temps

 


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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 14:15


Voilier.jpg

Tout le corps de mon âme est glacé jusqu’aux eaux,

Immobile et transi, il sombrera cent doutes,

Car sans ciel, sans boussole, il est resté bateau !

 

Qu’il aille plus de nœuds, je les sens dans mon ventre,

Dans ce mâle de mère et dans ces os, perdu,

Il a beau cheminer, partout je suis le centre !

 

J’étouffe un cri, mes pleurs, les appels aux plafonds,

Sans me lasser j’en vois des mots dans des bouteilles,

Mais toujours la sirène est un poisson de fond !

 

Sur cette mer immense où ce radeau divague,

Nautonier du néant voguant sur l’invincible,

J’ai le vent dans le front et le pont sous les vagues !

 

Mes jours roulent et vont bien vite à mon dégoût,

Et de ces murs de crainte aux larmes d'outre-fond,

Plus l’océan s’avance et moins j’en vois le bout !

 

Fors d’eux me répéter « le but c’est le voyage »,

Avenir incertain dont je suis le nocher,

Tu n’as gardé pour moi qu’un même paysage !

 

Dans le nimbe des soirs, dans les corsos d’écumes,

Ta grondante grandeur m’expectore au visage

Des étoiles sans nombre aux seuls noms que j’allume !

 

Il n’est pour moi pas d’île et pour lui pas de port,

Car, espoirs sans repos le poussant sans répit,

Mes amours font sa route, et ma peine son sort !

 

J’envie ! j’en meurs ! voiles pleines, devant, de toi !

Car sur le dos planté de grands mâts qui m’emportent,

J’erre sur un voilier qui porte trop de croix.





Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 00:45


Aveuglee.jpg

Connais-tu cette loi qui les fait galoper,

Ceux-là qui croient savoir ce que c’est que d’aimer ?

Ressemblant aux voleurs partageant le butin,

Ils trompent Marianne et s’appellent Robin.

 

Incultes bien souvent, immodestes toujours,

De suffisance imbus, et aussi sots que lourds,

Ils écrasent l’amour sous leurs pieds de chevaux,

Tant leur zèle qui court fait un bruit de sabots !

 

Ayant le cœur empli de pensées malhonnêtes,

Ils finissent très tôt très grands piètres poètes.

Tous les mots sont à eux. Il en pousse partout !

Et s’ils les sentent peu, ils les prisent beaucoup…

 

On en voit plein les champs et chemins de leurs âmes,

Et le bouquet fané rallumerait leurs flammes.

Poussant des gueulements silencieux sans façon,

Ils prennent leurs écrits pour de jolies chansons.

 

Un sourire suffit à faire un feu de paille,

Tant leur amour infâme est de braise où qu’ils aillent.

Rimant des croche-pieds pour voir tomber les filles,

Ils font un incendie avec quelques brindilles !

 

Leurs cœurs falots, éteints, qu’ils croient faire sonnets,

Ne gerbent que billets doux aussi faux que laids.

Qui leur donne le droit d’écrire des poèmes ?!…

Ah ! Le méchant besoin d’aller graver qu’ils aiment !

 

Que peut-on travestir au jeu des sentiments ?…

Pas grand chose il est vrai, ou du moins pas longtemps.

Eux qui n’ont pas d’odeurs à mettre dans leurs pots,

La fausseté ruisselle au brouillon de leurs mots !

 

On ment à la bêtise, à l’idiote, à soi-même…

Mais l’amour ne naît pas dans les graviers qu’on sème !

Nourris de laides fleurs, qu’ils rotent leurs bafouilles ;

S’ils s’épanchent le cœur, c’est pour vider leurs couilles.

 

 

Sébastien Broucke

Grelots d'outre-temps

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 14:00

 

Goutte-2.jpg

 

 

En face était le banc de cette autre semaine,

Les statues dormant là montraient d'autres profils,

Le désordre, ma muse, attisant d'autres peines,

L'araignée de mon cœur fuyait sur d'autres fils.

 

Mon jardin, cette feuille où des hommes s'égouttent,

Où la Vie, dans leur sang, empruntant mes artères,

Perle innombrablement sur tant de mêmes routes,

Inventait mes chemins en foule en mes parterres.

 

Partout le temps coulait, silencieuse rive,

Hier. A pieds, demain, d'autres passants iront,

Une mère, un sportif, un moine, un court jupon.

 

Leur jardin m'oublié verra glisser pensive,

La jeune et jolie vieille insondable évidence ;

Nous sommes une goutte, un petit pas de chance...

 

 

 

Goutte.jpg

 

 

Sébastien Broucke

Grelots d'Outre-Temps

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 13:45


Statue.jpg

En entendant parfois leur remonter les feuilles,

Les arbres s'élevaient, comme hier, d'avantages,

Devenaient éternels, puisque oubliés de l'âge,

En entraînant leur sève et quelques écureuils...

 

Au milieu lent des chemins à venir, les pas,

Des passants, les saisons allaient et revenaient ;

Des bambins ignorants mûrissaient leur pensée,

Riant au tourniquet que poussaient ces grands bras...

 

Dans les chants, l'herbe, l'aube humides du jardin,

Où demain reviendraient jouer d'autres enfants,

D'immobiles statues séchaient leur marbre blanc.

 

Alors, comprenant là, malgré tous les matins

Qui jaillissaient la vie, L'humain Paradoxal

Et ses petites mains, je l'en aimais moins mal.





Sébastien Broucke
Grelots d'outre-temps
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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 12:00

 

Savoir n'être que soi mais l'être de son mieux,

Etre content, fidèle, et lutter... même vieux ;

Accepter que la vie vienne dicter sa loi,

Qu'il en est pour l'esclave autant que pour les rois ;

Prendre le monde entier avec ses injustices,

Ses grands pics, ses faux plats, ses profonds précipices ;

Voir aux faces ridées des âmes embellies,

Apprendre qu'en chaque homme un dieu s'est endormi ;

Savoir être un enfant pour éduquer ses fils,

Comprendre leurs erreurs, taire ses sacrifices ;

Devenir tolérant, atteindre le respect,

Rester intègre et droit, garder La Vérité !

Savoir se lever pauvre, oser travailler tard,

Savoir se résigner, être mûr et rempart,

Avoir le calme au cœur, n'être jamais coupable,

Savoir vieillir, mourir, devenir honorable !

Devenir un adulte avant que d'être un homme,

Voir au contentement son unique royaume ;

Sans avoir raisonné devenir raisonnable,

Ne jamais rien briser, devenir imitable ;

Puisqu'il faut obéir avant que de chercher,

Surtout ne pas s'enfuir tant que l'on peut rester ;

Sans avoir pactisé, apprendre à se soumettre,

Sacrifier son rêve... aux enfants, au bien-être !

Quand la vie vient sur vous semer tous ses embruns,

Croire aux mêmes soleils sur ses mêmes matins ;

Quand le vent sur sa plage erre aux ternes rochers,

Honnête se mentir, et trahi, espérer !

Etouffer cette voix qui vient parfois se plaindre,

Rejeter cette peur qu'on a de ne plus craindre ;

Se regarder assis, se regarder éteint…

 

Ou bien ?...

 

…Changer les murs avec le papier-peint !!...

Car il existe, en nous, au fond du cœur, inscrites,

Une histoire infinie, une femme interdite,

Oser risquer d'aimer, oser les coups de l'âme,

Oser prendre la mer, oser quitter sa femme !…

Puisque ce n'est que bien, puisque tout est derrière,

Puisque c'était écrit, qu’ils jetteront des pierres,

Que c’était notre lot, que le verre était plein,

Oser penser ailleurs, s'enivrer d'autres vins !

Quand on ne s'aime plus, que l’on se voit cloué,

Oser tenter de vivre, ou mieux, de s'échouer !

Faut-il aller au bout ? Alors quitter son port,

Car pour rêver la suite, il faut aimer d'abord !

Au désenchantement se faire éclat de bombe,

Aux jardins desséchés rêver ses pluies qui tombent ;

Exploser d'une joie qui n'est plus jamais nôtre,

Etre imbu des bonheurs qui pleuvent sur les autres ;

Quand l'âge est au venin, quand la rancœur arrive,

Quand le sourire aigri, quand la peine plaie vive,

Quitter ces autres nous qu'on ne peut plus sentir,

Et regarder plus loin, sans peur de réfléchir !

 

Le courage ?!... Partir quand la détresse ronge,

Casser, recommencer, puis changer de mensonge ?!...

Aveugle, s'en aller, goûter d'autres ténèbres ?

Offrir à d'autres fleurs le même chant funèbre ?

 

 

Si vivre est une image, un projet sans dessein,

Une gloire en chaque homme absente de destin...

Alors…, - Humanité ! -, survis, leurre et procrée,

Et courageusement meurs en ta lâcheté !…

 

 

 

Sébastien Broucke

Grelots d'Outre-Temps

 


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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 11:30

 

Le-Rideau.jpg

 

Etait-elle debout ? Est-ce lui qui planait ?

Cette mer ondulait non de bleu mais de blanc,

Et ses vagues silences, verticalement,

Faisaient de ce rideau un petit océan.

 

Des vents parlant tout bas rentraient dedans la chambre ;

La fenêtre entrouverte entrecoupait deux mondes,

Et le tissu pendant voguant de sur leurs ondes,

Charmait deux petits yeux par ses petites rondes.

 

L’enfant buvant ravi, d’un trait, ce coulant d’air,

Délaissait sa leçon toute empreinte d’ennui,

Et regardant ailleurs apprenait sans un bruit,

Aux rayons de couleurs, à l’odeur de la pluie.

 

 

Prenait-il du retard, quelqu’un s’en inquiétait,

Lui portait un gâteau, de l’amour dans du lait,

Et tandis qu’il faisait mine de travailler,

Sur sa tête une main quelquefois se posait…

 

Les années s’en allaient ainsi depuis septembre,

Déposant jusqu’en juin dans sa tête et ses membres,

Un bout de chocolat, ce doux cake au gingembre,

Et l’enfant souriait comme un arc se cambre…

 

Sans décocher un mot, sans aller le distraire,

Cette famille offrait à qui la rendrait fière,

Ce qu’il faut pour grandir et passer les hivers,

Cet espoir enfoui d’être un jour la première…

 

 

Le gavant de latin, d’espoir faux, d’éphémère,

Croyant que de la vie l’étude est l’antichambre,

On offrait à l’enfant de rêver sans voler !...

 

 

Penché sur son bureau près de cette heure enfuie,

Il revoit ce rideau, ces milliers de secondes,

Et toutes ces leçons qu’il faut pour être grand…

 

Penché sur leur grimoire à lire avant la nuit,

Il renaît aux regrets, aux pensées trop profondes,

Et aux leçons mal sues dont il se souvient tant…

 

Penché sur ce passé près de la mer en lui,

Il repense en silence aux années boucles blondes,

Et au désir un jour, idiot d’être un géant… 

 

L-enfant.jpg

 

 

Sébastien Broucke

Grelots d'Outre-Temps


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