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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 10:30

 

Ainsi le monde allait, tournant dessous son lustre,

Comme un prêtre aveuglé aux lueurs de sa nef ;

Le temple était serein, le temps long semblait bref,

La Vie renouvelait, odieuse, ses rustres…

 

Des hommes nus naissaient quand d’autres des balustres,

Jetant leurs souvenirs, leurs années, leurs griefs,

Abandonnaient leur corps au sol dur de leur fief,

Pour retrouver la paix dans des nimbes lacustres…


Ces ouailles revenues d’une ombre où s’éblouir,

Préféraient malheureux la brume où s’enfouir ;

Un brouillard silencieux bordant un lac en terre…

 

S’ils s’étaient sus nombreux, ils auraient eu moins mal,

Mais souffrant sans cantique, isolés, suicidaires,

Ces danseurs s’élançaient pour que cesse le bal…

 

Sébastien Broucke

11/09/11

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 20:30

 

Tu fus et tu seras, O ma désespérée,

Ce qu’il reste d’un jour au soir échevelé ;

Le rayon qui descend repeindre le coteau,

Et l’ombre qui s’avance au-dessus des troupeaux.

Tu vas dans ces fumées qui montent des masures,

Dissipant dans mon cœur ce que ne peut l’usure.

Je garde au fond de moi les images d’avant,

Mais il n’est de brouillards qui résistent au temps…

Rien ne me reviendra, ton absence secrète

Ce néant que la Mort me prépare et m’apprête.

Je n’ai pas l’âge encore et l’heure du départ

A déjà dans mon cœur pris beaucoup de retard.

J’attends. Je vois sans toi reposer la campagne,

Et les saisons sans fin renaître en nos montagnes.

N’avons-nous pas été ce doux bourdonnement,

Cet amour infini percé de tintements,

Qui traversaient les champs, qui pétrifiaient les landes,

Quand nos cœurs espéraient que les cieux les entendent ?

Peu m’importe à présent, j’ai vieilli sans couleur,

Ton absence a déteint l’espoir de sa pâleur…

Ce n’est rien. J’en souris, tu n’eus jamais d’égale,

Et la plus belle fleur perd aussi ses pétales…

 

Sébastien Broucke

6 septembre 2011. 19h45 – 20h15.

 

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 17:41

 

Je regarde parfois et m’étonne ardemment

De ne voir d’autres mains ni plus de doigts qui bougent,

Sur ce ventre qui bat aux assauts de ma gouge,

Lorsqu’au bois de sa chair je sculpte lentement…

 

Sur la peau qui se donne, il manque un élément !

Dieu ! Suis-je mutilé ? Mon visage est-il rouge

De honte, vert d’effroi ? Ne suis-je qu’une vouge

Qui perce sans étreindre, et l’arme d’un amant ?


Vous m’offrîtes deux bras… Mais qu’en ferais-je ici,

La Caresse en veut voir dix fois plus dans ce lit !

Mon amour ne fera l’aumône de sa joie…


Ah ! Faites-moi génie pour combler ses soupirs !

Remplissez-moi du ciel et jusque dans ma voix,

Pour cet ange oignez-moi d’azuréenne myrrhe…

 

 

Sébastien Broucke

3 septembre 2011

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 22:15
 

Je sais ce sombre enfer derrière au-dessus. Hume !

Respire ses fumées avant d’en avaler

Un peu plus que l’effroi de ses lointaines brumes,

Ces profondes nuées où tu seras mêlée…

 

Il est loin le jardin, les bulbes qui se prêtent

A donner de la voix aux sourds du paradis ;

Je devine et j’entends les langueurs que secrète

Ce firmament qu’un dieu te prépara jadis…

 

Accours, il n’est plus temps de m’offrir tes caresses,

Ne vois-tu pas encore où l’on va t’embarquer,

Vers quel monde où chacune en entrant pleure et laisse,

Sa beauté, son amant, sa jeunesse enflammée !...

 

Il est tard, il est temps, mais à quoi se parfume

Celle qui sans la voir enlace sa vieillesse ?

Qu’un souvenir te naisse, ou revienne, et consume…

Tu restes pour la Mort la vide prophétesse !

 

Remplis-toi désormais du néant désiré ;

Qu’à partir on s’en aille ainsi que vient l’enfant,

Non plus comme l’oiseau qui cherche à s’envoler,

Mais dans les cris, l’alarme et dans un peu de sang !

 

Tu te tais ? Mais gémis ! Ne te meurs pas, expire !

Lamente-toi enfin, comprends, sois passionnée,

Vis ton dernier moment comme un dernier plaisir ;

Qu’il t’emporte ! Aime-le, ose ! Ose ! Ose faner…

 

 

Sébastien Broucke

17 août 2011. Matin.

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 11:00

 

Lundi. Recommencer. Trouver l’humilité.

Le dérisoire encore est d’implorer la force,

Qui nous fait tenir droit, qui nous gonfle le torse…

Mais à dresser la tête, où peut-on bien aller ?

 

C’est un matin de plus pour les bêtes qui bêlent,

Qui s’admirent la laine, ignorent le berger,

Prient, dédaignent le ciel, et se gavent de prés ;

Va, miteux animal qui broute et s’écervele !

 

On se voudrait plus jeune, on rêve un meilleur pain…

- Ne suis-je pas plus beau que tous ceux de ma race ?

En peut-on voir un seul, un seul, qui me dépasse,

Car sans être un géant, je n’ai rien de ces nains ! -

 

Le monde est tout rempli des mêmes abrutis,

Qui paissent bruyamment, convaincus qu’ils sont grands ;

Abritant les désirs d’un agneau de printemps,

Ils ne voient pas qu’ils sont pour quelque boucherie !

 

Ouvrez enfin les yeux, fuyez la déraison,

Vous ne valez pas plus que ces petites fleurs,

Qui vous font un festin de leurs simples couleurs ;

A vivre du soleil, tout périt de stupeur !

Examinez vos cœurs et non votre toison,

Vous êtes plus qu’un pull, O, gigots de moutons…

 

 

Sébastien Broucke

15 août 2011. 9h-11h.

 

 

 

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 13:15

 

Ainsi tu t’en allais, tu désertais la fête,

Tu t’éloignais des sourds en te frappant la tête !

Reste dans le désert, écris sans te lasser,

A vouloir être aimé, on ne s’enfuit jamais

Que de soi-même ! Ah, que ne comprends-tu

Que ta muse ne vient que pour charmer les nues !

Ils vont dans le brouillard quand ton monde est l’azur ?...

Mais s’ils discernent moins, leur cœur n’est pas moins pur

Que celui du poète emporté par les ailes

Du labeur éreintant aux lueurs des chandelles !

Tu ne vaux pas plus qu’eux, brille donc, filament

Prétentieux ! Tu n’es là que pour Dieu : luis ! Clément,

Quand au cœur de la nuit tous les cœurs se compriment,

Il les entend d'un ciel que tes rimes subliment…

 

Sébastien Broucke

8 août 2011

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 11:00

 

Vous ! Mes idées, faites peau neuve !

Abandonnez-moi ces tourments…

Baignez-vous dans cet autre fleuve

Où vont l’orpheline et la veuve

Pour se laver du temps présent.

 

Mes pensées, muez-vous en anges,

Comme eux, au laid voyez le beau !

Que dans ma tête enfin tout change,

Et qu’enfin sortant de la fange,

Vous serpentiez sur mon tombeau.

 

Sébastien Broucke

08 août 2011

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 10:30

 

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Sans doute il faisait nuit. La lune sans apprêt

Ouvrait tout grand son œil sur les landes lugubres.

Nous cherchions pour nos corps quelque repos salubre,

Mais plus nous avancions, moins nous en étions prêts…

 

Nous tracions un chemin au blond milieu des blés,

Et fuyant les hameaux, remplis de vigilance,

On mastiquait des champs les grains et le silence,

Souriant à demi, mécontents mais comblés.

 

Où pouvions-nous aller, vers quelle humble paroisse ?

Quel invisible temple eût pu nous protéger ?…

Nous gardions en nos cœurs ces mots que l’on germait,

Ne pouvant les semer sur des papiers qu’on froisse !

 

Notre ciel était clair, l’angoisse pleuvinait.

Souvent pour mieux se voir nous relevions nos mèches,

Et nos mains se serraient dans les épis revêches,

Quand nos pas repartaient défricher leur allée…

 

Tu songeais à maman, je pensais à ton père,

Qui ne porta jamais de chaîne autour du cou !

« La liberté, mon fils, même celle des loups,

C’est pour l’homme, toujours, le dernier des repaires ! »

 

Nous nous terrions parfois, agonisant et fous,

Dans un antre profond, affamés, têtes nues,

Et les yeux dans les yeux, les larmes revenues,

Nous osions à nouveau nous lamenter sur nous…

 

Nous repartions bien vite, il fallait que l’on bouge,

Le ciel n’allait-il pas devenir bleu bientôt ;

Si la lune sans fard veillait sur nous d’en haut,

Nous savions que les anges avaient un peu l’œil rouge…

 

Ce souvenir est loin, l’atroce m’est plus doux ;

Ton sourire revient quand dans mes vers se plantent,

La balle dans ton dos, cette heure qui me hante,

Où je te vois, ma sœur, tomber à mes genoux…

 

Il n’y eut que ta plainte, à peine ce murmure,

Qu’étouffât la langeur qu’un ciel avait au cœur.

J’ai gardé depuis lors cette étrange douleur

De n’avoir pas souffert pour toi cette brûlure…

 

Mais le jour vient, nouveau, où renaissent les blés,

Où je perçois le monde et sa trouble injustice,

Où pleurant je comprends ces dieux perdant leurs fils,

Moi qui naquis pour perdre une âme qui m’aimait.

 

 

Sébastien Broucke.

17 juillet 2011.

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 09:00

 

Cheval.jpg

 

L’arbre endeuillé, les prés sans boutons d’or,

Des oiseaux noirs recouvraient la prairie ;

Les lourds chevaux, tirant fort sur leurs mors,

Hennissaient, songeant à d’autres frairies,

 

Vertes. Mourant, un soldat victorieux,

Contemplait gueuler ces bêtes qui penchent

Leur vie plus près de l’enfer que des cieux,

Quand la mort, d’un fer affilé, la tranche.

 

Agonisant auprès du tronc sans feuilles,

L’infortuné vit, dominant l’éteule,

Pépier un oiseau qui fermait un œil ;

Meurtri, Dieu saluait les sans linceuls…

 

Sébastien Broucke

4 août 2011

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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 16:00

 

Le soir tombant, lorsque revient

La pénombre en ma chambre et que vont en mes vers

La lune qui rougeoie, les ténèbres austères,

Je peins quelque bonheur en désertant les miens.

 

Je me moque des fleurs mais j’invente des roses,

Que des papillons vains viennent fouiller au corps ;

S’abreuvant à leurs sucs, ils pillent les trésors

De la beauté sur tige où leurs pattes se posent.

 

Je vole idiot comme eux, et comme eux vais jaloux,

Me gavant aux parfums que la couleur flamboie !

Dans ces champs que j’invente un seul insecte est roi,

Mais son âme a le charme et la beauté des poux !

 

Il est d’autres jardins qu’un poète recèle,

Où laide, ou bien chenille, on vient se promener ;

N’espérant plus séduire, on songe à ramener

L’amour hurlant des moins que belles…

 

 

Sébastien Broucke.

27 juillet 2011.

 

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