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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 09:14

 

Songe-d-une-nuit-d-ete.jpg

 

 

Elle avance

immobile

à en croire que rôde

Celui qui lui ôta sa parure émeraude

Considère sa peau roussie par les soleils

Qu'offre aux jours écourtés l’automne long qui veille

Admire comme ondoie sa chevelure où vont

Ces regrettés parfums qu'aujourd'hui nous buvons

Contemple de l'amour ce qui vient en dernier

Lorsqu'orange le fruit tombe aux mandariniers

Ecoute

entends chuter

le soir

dans ses jardins

Ses joyaux rougeoyants dans ces bruits de coussins

Vois quand se déshabille et se vêt de peignoirs

Celle qui se maquille et de rouge et de noir

Regarde au moins sa robe au sol abandonnée

N’y distingues-tu pas les vents tourbillonner

Gémissant sans se plaindre

ah !

Que ne ressent-elle

A quel point

même nue

elle est restée tant belle

Vois-tu du papillon

la folie

les couleurs

L'éphémère et l'immense en son aile sans sœur

Désarçonnée

sans fleurs

ployant aux nuits sans pluies

Elle erre misérable où tout avait tant lui

Le silence s’avance

on attend qu’il l’enserre

Lui seul est à savoir cette heure qu’elle espère

O femme qui vieillis

O toi forêt d’octobre

N’es-tu plus visitée que par l’eau ou l’opprobre

Reviendra-t-il jamais ce moment qui promet

Après le foudroiement la paix sur tes sommets

A quoi bon des galops l’innombrable promesse

Je t’observe à l’arrêt tandis que rien ne cesse

Mais puisqu'il faut que meure ou qu’aille aérien

Ton rêve que blanchit cet autre hiver qui vient

Toi celle qui partout a tout multiplié

Dessille-moi les yeux pour qu’aux jours oubliés

Lorsque j’aurai bien moins d'ouvrages que d'aiguilles

Sur toi j’aille garder les yeux qui s’écarquillent

Et conservant au cœur ton monstrueux espoir

J’ose aussi désirer que chancisse ma gloire

 

 

Sébastien Broucke

15 - 17 juin 2014

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 16:03

 

Femme assise

 

 

Fier

impassible

bucolique

Ivre de pluie

voire alcoolique

Perpendiculaire à des cieux

Qui scintillaient moins que tes yeux

J’écrivais n’ayant rien à dire

Des mots que tu n’irais pas lire

 

De tout je dévoyais le sens

D’un rien j’inventais des romances

Fixant la campagne assoupie

L'éclairant de vers sans répit

La rime en moi réverbérait

La vie comme je l’espérais

 

Si l’herbe s’offrait en pâture

Aux fleurs couchées sur la verdure

Si les branches tendaient leurs mains

Vers l’azur et le lendemain

Mes doigts qui s’approchaient des arbres

Ne pensaient qu'à leurs pieds de marbre

 

Je versifiais en mots d'amour

Ces mots qu'on disait tous les jours

Mais je n'en parlais qu'à mon coeur

Les poètes sont des semeurs

D'étoiles colorées de rimes

Ne luisant qu'à ceux qui les priment

 

Bien tôt revenait le soir sombre

Il adorait grandir les ombres

Courant sur les sentes anciennes

J’aimais voir s’allonger la mienne

Moqueur

le soleil tombait donc

Comme une hache au tronc qu’on tronque

 

Ignorant le jour qui s’éloigne

Je m’avançais vers ma compagne

Le ciel paissait des bœufs

des chèvres

Heureux

ravis

les près aux lèvres

Moi sur les tiennes rouges braises

J’irais framboise

mûre

fraise

 

 

 

Sébastien Broucke

11 juin 2014

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 21:38

 

Colliers

 

Attachés à nos jours comme aux diamants l’orfèvre,

Nous demeurons sans voix et le désir aux lèvres ;

Songeant à les tailler comme nos yeux l’espèrent,

Nous ne savons jamais ce que l’on doit en faire.

 

Si l’on ne craignait pas de réduire en morceaux,

Ces joyaux qu’il faudrait magnifier dans l’étau,

Nous sertirions nos vies de moments qui scintillent,

En martelant chaque heure en rivières qui brillent …

 

Sébastien Broucke

15 mai 2014

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 23:24

  La-neige.jpg

 

Pour Alice Mansson-Essaine

 

Toute habillée d’or blanc qu’avaient tissé des cieux

Des couturiers géniaux sans nombre et silencieux,

Reverdissant les monts et les arbres imberbes,

La princesse avançait dans des lueurs superbes.

 

Tout l’appelait à fondre et dans l’herbe échouée,

Son altesse attendait pour partir renflouer

De son eau les ruisseaux, le printemps de son âme,

Pour germer aux chemins les fleurs qui le proclament.

 

A trop la désirer sous sa blanche voilette,

Le ciel bleu descendait pour lui conter fleurette,

Quel chemin prenait-il, quel étrange escalier,

Nul n’entendait jamais son pas ni son soulier.

 

Quand les odeurs de vie et les anciens parfums,

S’entremêlaient à naître aux sources d’un jardin,

Ils se retrouvaient là, en avril, voire en mai,

Pour contempler à deux leurs desseins animés.

 

Aucun d’eux ne parlait mais elle avait dit oui,

Et dans chaque aube en brume ils s’aimaient enfouis,

Il avait fait sa cour, elle, donné sa main,

Otant sous ses rayons sa toilette en satin.

 

Rendant chaque rivière, toutes nues plus pures,

Notre ange dévêtu de sa fine guipure,

Ecoulait sans gémir ses pleurs vers les torrents,

Qui déversent en plaine un visage au printemps…

 

Des oiseaux entonnaient soudain d’autres cantiques,

Recouvrant de leur joie les divines suppliques,

Et des millions de fleurs germées du dernier vert,

Dans d’intenses couleurs déracinaient l’hiver.

 

Sous les baisers du ciel descendu l’honorer,

Sa majesté sans fard, s’évaporant, mourait ;

Déposée sans un bruit, elle montait sans cri,

Expirant en ses gouttes qui rendaient l’esprit.

 

Doucement, sans effort, elle allait peu à peu,

Se mélanger le corps dans un océan bleu,

Et durant quelques mois, façonnant des étoiles,

Prier jusqu’à cette heure où le froid les dévoile.

 

Plus loin que l’horizon, au-delà des nuées,

Repartant dessiner sa traîne de buée,

N’en voulant à personne, attendant trois saisons,

La reine allait broder sa robe en sa maison.

 

Puis, volant sans un bruit, de nuit, sans prévenir,

Tel un cambrioleur quand tout est à dormir,

Elle aurait son habit de flocons incrustés,

Sa parure sans prix de lumières teintée…

 

Quand l’heure sonne enfin, elle peut redescendre,

Aux sommets de la terre atterrir et s’étendre,

Revenue glorieuse et sans même une ride,

Elle ose s’affaler sur les sommets arides.

 

Comme l’enfant qui fait de cette joie qu’on roule,

Des bonhommes à rire et des millions de boules,

Dans ce flagrant délire être à nouveau surprise,

Mais de tous ses dégâts voir sa victime éprise.

 

Que diras-tu, Alice, en voyant revenir,

Mêlés à tant d’azur tes heureux souvenirs,

Qu’écrieras-tu, ma fille, en découvrant que l’art

Est tellement plus beau quand il va nulle part…

 

 

Sébastien Broucke

7 & 8 mai 2014

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 14:37

Femme en rouge

 

 

Affalée dans l’allée, ce soir ses os se perdent,

Quoiqu’elle ait pu rêver, ses doux songes s’éperdent ;

Sa peine est infinie, sa frayeur abyssale,

Et déjà les douleurs l’encerclent, colossales.

Abattue sur le sol, ses mains tenant son ventre,

Les yeux rivés au ciel, elle en devient le centre.

Personne n’en descend, les dieux n’écoutent plus,

Quel innocent enfant peut leur avoir déplu ?

Dans le sang de la nuit ses cris se sont perdus,

Et la femme accouchée ne l’a pas entendu…

 

Sébastien Broucke

6 mai 2014

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 10:45

 

Rouge.jpg

 

 

Nos mains ne voulaient plus s’étreindre,

Le temps qui passait manquait d’heures,

Dehors mouraient à l’intérieur,

Nos cœurs effarés de s’éteindre…

 

Tout doucement, tout en lenteur,

Évaporant l’impatience,

Descendait du haut des sommets,

L’odeur des jours que promenaient,

Dessous le bleu du ciel intense,

Les grandes ombres du matin.

 

L’amour s’échappa en silence,

Mais j’ai gardé de ton absence,

Comme les restes d’un festin…

 

 

Sébastien Broucke

6 mai 2014

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 12:39

Il s'agissait d'écrire un poème à la manière du texte "Automne" de René-Guy Cadou.

 

Robe d'herbe

 

Couleurs de mon adolescence,

Les blancs sommets sur l'horizon

Changeaient de robe et de saison.

J'avançais sous un ciel immense

Vers ma bienheureuse prison...

 

Mes copains remplaçaient mes frères,

La neige était évaporée,

Des fleurs repoussaient dans le pré.

Enfin disparaissait l'hiver,

Mais le froid parfois perdurait...

 

Les murs ne portaient que leur mousse,

Mon cartable épuisait mon dos,

J'étais fatigué mais les mots,

Comme les stylos de ma trousse,

Fuyaient de ma bouche un peu trop...

 

Florent Broucke (11 ans) & son papa

2 mai 2014 au matin

 

 

 

Poème "Automne" de René-Guy Cadou

 

Odeur des pluies de mon enfance

Derniers soleils de la saison !

A sept ans comme il faisait bon,

Après d'ennuyeuses vacances,

Se retrouver dans sa maison !

 

La vieille classe de mon père,

Pleine de guêpes écrasées,

Sentait l'encre, le bois, la craie

Et ces merveilleuses poussières

Amassées par tout un été.

 

O temps charmant des brumes douces,

Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,

Le vent souffle sous le préau,

Mais je tiens entre paume et pouce

Une rouge pomme à couteau.

 

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 15:00

Dans-l-herbe.jpg

 

Les arbres et les prés étaient bien plus que verts,

Luminescents ! Ils étaient chargés d’eau, de vie ;

Sur les cimes, sur l’herbe, où s’extasiaient les miens,

Un soleil gai versait ses yeux étincelants.

 

J’entrevoyais la force et le talent du Peintre

Qu’il me faudrait avoir pour évoquer ce monde ;

Tout était là-dedans, nul ne pourrait jamais

Tirer de ses pinceaux la douceur de son feutre !

 

Je jubilais quand même et plantais mes regards

Dans toutes les lueurs qu’exultait sa palette,

Je m’en gavais la tête à m’en submerger l’âme,

Jurant d’offrir un jour une réponse aux cieux.

 

Les années ont passé, point de louange aux anges,

Pas de complainte au ciel, aucune aubade immense,

Mais toujours en avril me débordent des verres,

Des lieux qu’un temps de pluie me rend fluorescents.

 

J’y ai bu, j’y rebois, j’y reboirai encore,

Au cristal de cette heure, à la coupe émeraude,

Ah, qu’une goutte enfin tombe sur mes poèmes

L’intensité des vers qu’on me versa dans l’œil.

 

J’ai saigné tous les mots qui m’ont coulé aux mains,

Je m’y suis enivré la moitié de la vie,

Pourtant je n’ai pas su rimer pour tes grands yeux

La verdure arrosée qui brûla ma rétine.

 

J’ai tenté sans répit l’étaler sur papier,

Ce beau qui s’élevait jusqu’à l’incandescence,

J’ai travaillé sans fin et relu chaque jour

Ce morceau d’infini déversé sur ma terre…

 

Je n’ai rien oublié : les arbres et les prés

Étaient bien plus que verts, Luminescents ! Mais vois,

Ébauchant pour ton cœur ce qui manquait au mien,

Je n’ai pas su t’écrire à l’encre du printemps…

 

 

Sébastien Broucke

1er mai 2014

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 19:45

 

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Nous marchions sur la plage où la mer échouait

Doucereusement dans tes cheveux dénoués

Son air salé. La joie flottait partout, grand dieu,

Et l’amour ondoyait son drapeau dans tes yeux !

 

La jeunesse avançait entre la terre et l’eau,

En guettant ton sourire et l’ocre de ta peau.

Des vagues s’écrasaient lourdement sur le sable,

Effaçant sous leurs pas ton empreinte adorable !

 

Toutes venaient mourir dans des remous superbes,

Et renvoyaient aux cieux la fille ainée du verbe ;

Lui qui l’avait donnée pour éclairer le monde,

L’entendait jalouser tes longues boucles blondes !

 

Tu ne t’en souciais pas. Que les lueurs remontent,

Qu’elles fuient aux rouleaux que l’océan démonte,

Seul comptait ce moment où la bouche entr’ouverte,

Tu embrassais la vie qui nous était offerte…

 

 

Sébastien Broucke

28 avril 2014

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 12:00

 

champ-colza 2

 

Comme aux rebords du monde il a jeté du sable,

Le soleil sur les prés semblait mettre la table.

On le voyait de loin dresser sur les collines,

Toutes pleines d’odeurs, brodées d’étoffe fine,

Ses nappes d’ocre jaune, immenses, ondulantes,

Où s’épousaient sans bruit le colza et la pente.

La rivière de brume ourdissant la vallée

Tissait dedans les nues ce bleu qui l’avalait.

Le jour passait sa main sur les animaux gourds,

Dans les champs d’à côté paissaient des taureaux lourds.

Plus loin germaient déjà de blondes céréales,

Qu’exhaussait le printemps vers un ciel idéal.

Dans ce temple parfait les heures communiaient ;

Dévorant le pain frais du céleste fournier,

Buvant l’eau des ruisseaux cascadant leurs sermons,

Je me gavais de joie en contemplant les monts.

 

Sébastien Broucke

23 avril 2014

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