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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 22:00

 

L-oeil-du-temps.jpg

 

Toujours la pâte lève avant même le jour,

Et le blanc boulanger pétrit l’obscurité ;

Son pain né d’un soleil brillant du fond d’un four

Craquera mordoré aux nappes émietté…

 

L’homme crée comme un dieu, veillant et solitaire,

Ce parfum vivifiant qui clôture les nuits,

Et que vont tartinant les mains douces des mères

De chocolat, d’amour, ou de coulis de fruits…

 

Mais qui faut-il bénir, Dieu qui voit, chaque femme,

Cette boule qui dort pleine de leurs prières,

Le fournier du village entretenant ses flammes,

Ou le temps dans leurs corps rêvant à sa manière ?...

 

Sébastien BROUCKE

26 janvier 2012. 18h-19h.

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 20:00

 

Deliverance

 

Ton parfum triomphal en ce matin grandiose,

Exprime en un détail, O prêtresse morose,

Qu’en toi rien n’est sacré !

Se pendant au côté, point d’épine, de lame,

Seuls deux corps à tes pieds, là celui qui se pâme,

Là, celle qui te hait !

 

Ton visage assassin, ta beauté sépulcrale,

Ont posé l’odieux sur le monumental,

Et rien n’a subsisté ;

Augure indésirable, exécrable présage,

Tu ressembles à l’ange en pleurs en ce village

Qu’il vient de ravager !

 

De la fumée remonte aux flammes d’un soleil,

Adorable et semblable à nul autre pareil,

Mais brillant de brûler !

Repais toi de l’horreur, gorge-toi de faiblesse,

Nourrie à leurs malheurs, buvant à leurs détresses,

Meurs de les dévaster !

 

Sébastien Broucke

17 janvier 2012. 11h-12h.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 10:15

 

Fille-de-dos.jpg

 

Je hasardais ma vie comme on voit aux volières

S’élancer la perruche aux murs de sa geôlière ;

J’avançais coloré comme un simple pétale,

Egarant à tout vent des parfums sans égal ;

Puis j’entendis monter comme en des herbes folles,

La rosée qui s’en va dedans ses fumerolles !

 

Chacun connait le jour où soudain vous déserte

Cette joie dont nos vies sont longtemps recouvertes.

La messe est enfin dite, une cloche a sonné,

L’église de mon âme est maintenant vidée ;

Le bedeau reste seul, ignorant qu’au calice

Hier allait sa lèvre embaumée de délices…

 

Sébastien BROUCKE

15 janvier 2012. 18h-19h.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 17:30

 

Enfants-dans-l-eau.jpg

 

Je remporterai tout, même l’ultime épreuve

Et j’irai flamboyant comme vont les grands fleuves

Quand le soleil descend son soir sur l’horizon

 

Croyez-vous que je sois ici pour quelques pages

Fleurissant à ma table, à vos berges, vos plages

Ce que me pleut des cieux l’amour en ses saisons

 

J’avance l’œil farouche et le cœur aussi pur

Que l’oiseau s’enfonçant le bec en des fruits mûrs

Je ne crains pas le mal, je redoute la peine

 

C’est pourquoi promenant hors moi ma solitude

J’accours comme l’aurore en sa sollicitude

Vous consoler des maux qui me perlent des veines

 

Sébastien BROUCKE

7-8 janvier 2012

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 17:15

 

Femme-au-rocher.png

 

Je regarde mon œuvre et tombe en implorant

Ton ciel qui m’emprisonne à l’azur qu’il m’impose

Qu’est-il sorti de terre aux briques que j’y pose

Un mausolée sans nom, un tombeau de géant

 

Je rassure mon âme en l’allant pardonnant

Mais dans ce que j’ai pu je n’ai fait qu’une chose

Attendre en vain la fleur où la graine repose

Et retourner en terre avant d’être vivant

 

Ma tête était pourtant toute remplie d’épis

Pourquoi donc en mes mains n’aura jamais germé

Que l’éternelle absence où s’est fanée la vie

 

Je n’ai pas manqué d’eau et toujours s’est levé

Ton soleil qui venait m’abreuver de lumière

Mais rien n’aura verdi le sol de mes prières

 

Sébastien BROUCKE

7-8 janvier 2012

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 17:00

 

Ange de guerre

 

J’approche enfin de ma chaumière

Déjà j’entrevois la clairière

Que caches-tu sous ton peignoir

Qui donc a pu marquer ton corps

Quels secrets valent tant d’efforts

Que tu me fuies comme un miroir

 

Sors-tu du bain, est-ce la nuit

Je te rassure ou je t’essuie

Craindrais-tu le noir ou bien l’eau

Pourquoi ne veux-tu que se posent

Pour une ride juste éclose

Mes mains en baisers sur ta peau

 

Sébastien BROUCKE

8 janvier 2012

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:45

 

A killers joy

 

Je me retourne encore et remonte mes manches,

Tu ris de mon départ tes deux mains sur les hanches ;

C’est l’heure où s’éloigner, nous perdre, travailler,

Mais tu pouffes de joie tant je suis à bailler…

 

-"Ne sois pas en retard, descends, vas-y,

Ne crois pas qu’à m’aimer tu seras mieux nourri !"-

La splendide épousée ose même tancer

L’homme las que ses yeux brillent d’ensorceler.

 

Je te quitte à regret en me tenant la tête,

Ou te jetant de loin mes baisers de poète,

Et la matinée lente ment jusqu’à midi,

Dévore mon bonheur pour nous combler de riz !

 

Sébastien BROUCKE

3-8 janvier 2012

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 14:00

Dix

 

Il me sonne le retour du bonheur,

La cour est pourtant vide, c’est le sept.

Y a-t-il souvenir meilleur ? Janvier.

A l’âge où dessus sa croix mourrait un

Dieu, soudain ma fade vie en valut mille !

Insondable instant, ressusciter, mille…

Xérès ? Tokay ? Sauvignon ? Je sais un

Autre vin qu’un ciel d’anges vint m’envier :

Nul n’a pu le goûter, hors moi, en cette

Sainte après-midi, à la deuxième heure…

 

 

Sébastien BROUCKE

7 janvier 2012. 14 heures…

 

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 15:45

Closetomyheart

Pour H. M.

 

Puisque la flèche atteint la biche, élégante blessée,

Verrai-je, mon amour, ce fol astéroïde,

Traverser une nuit ton horizon fermé

Pour aller se planter dans ton regard limpide ?

 

Entendrai-je le pas des étoiles, qui trônent

Dans les cieux, approcher de tes yeux en riant ?

Comprendrai-je les voix dans l’ombre qui résonnent,

Quand l’heure sonnera d’éveiller chaque enfant ?

 

La lune allant poser sur ta chambre repeinte

Sa lumière émouvante et jouant sur les murs,

Les loups cessant leurs cris, sera-t-il une plainte

Que n’iront apaiser les lueurs qui murmurent ?

 

Les monstres auront peur et même les sorcières

Ne voudront être vues de l’astre victorieux

Guidant ce chevalier à l’allure princière

Au milieu du jardin les bras levés aux cieux !

 

Est-ce un épouvantail ce cavalier qui sème

Ces feuilles délivrant ton corps de l’ennemi ?

Il est auprès de toi comme en un long poème

Et te rassure autant qu’il te rend à la vie !

 

L’ange que tu connais, car déjà tu le nommes,

Verse dedans ton cœur un ciel à découvrir,

Si la peine a surgi, cet espoir te la gomme,

Tant il passe de temps, ma fille, à te chérir…

 

Rien ne pourra venir assombrir ton visage,

A moins que l’on ne mette à ta tête un bandeau !

Je devine déjà, comme en un coquillage,

Le secret de l’amour où l’air fait chanter l’eau…

 

Pas un seul cauchemar, mais sans doute une muse,

Te descendra du ciel sur un rayon soyeux,

Pour tisser de ses doigts ces rêves qui diffusent

La paix jusqu’aux matins qui s’en trouvent joyeux !

 

Dors ma petite fée, les étoiles t’emmènent,

La journée s’évapore et bientôt d’autres feux

Te tomberont du ciel pour ravir la prochaine ;

La mort n’est qu’une pause entre deux jours heureux…

 

Que crains-tu, ma gazelle, aux souvenirs subsiste

L’amour qui nous retient au monde des vivants,

Pourquoi donc cette larme, oh, qu’est-ce qui t’attriste,

Ce n’est pas de dormir, c’est d’être sans maman ?…

 

Tout va bien ma chérie, bientôt dedans l’azur,

Tu me verras planer comme un grand papillon,

Oui je te reviendrai, guérie de ta blessure,

Et nous irons danser les mêmes tourbillons…

 

Sébastien BROUCKE

30 décembre 2011

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 17:30

 

Angelot

 

Je regardais au loin la puissante montagne,

Se couler dans les bras du blanc qui l’accompagne.

Drapée dans l’air glacé qui tombait de son toit,

Elle avait l’imposante beauté d’une croix.

Ignorante de tout, du pied jusqu’à la cime,

En elle s’unissaient l’immense et le sublime !

Face à la majesté m’éblouissant la vie,

Demeurant silencieux, je restais tout petit.

- Il est tant de grandeurs que l’univers promet,

S’étalant à nos yeux qui ne les voient jamais… -

Sur mes vitraux gelés, tout en grattant le givre,

J’allais, mourant de froid, déchiffrer le mot vivre.

Emmitouflé, peureux, joues rouges, lèvres bleues,

J’étais autant le ciel que l’astre qui s’y meut.

Comme dans une église, espérant qu’on m’appelle,

J’aurais donné mon nom pour être Samuel,

Car l’âme agenouillée, éloignée à demeure,

Tout me devenait beau, même l’heure où tout meurt.

D’ailleurs, qu’était la mort, sinon ce qui délivre

De ce temps que Dieu donne à l’homme pour survivre ?

L’éternité sur moi, horizon d’un forçat,

Se distinguait ainsi qu’un sommet vu d’en bas !

Si la hauteur d’un mont rend la chute abyssale,

Tremblons moins que la feuille au frimas automnal,

Osons monter plus haut que le peut faire un arbre,

Pour qu’en touchant le sol on se heurte à du marbre !

Soyons nobles, mortels ! Nos limpides prières

Seront tels ces rayons traversant les clairières,

Pour offrir à des fleurs jaillissant à tout va,

Du ciel inaccessible, et l’allure et l’éclat.

Ce monde est à la vie l’intarissable livre,

Autant que le nectar dont chaque âme s’enivre ;

Lisons ! Buvons ! Vivons tant qu’il se peut encore,

Enflammons-nous le cœur et brûlons-nous le corps,

Ne craignons ni l’amour, ni même la colère,

C’est pour être vivants que nous sommes sur terre !

Que personne ne rentre en portant son dépit ;

Quel homme venu libre aurait son paradis

Entaché des instants que ses regrets amputent ?

Partir, c’est naître au soir qu’une aurore débute.

Qui souillerait la neige ou voudrait barbouiller

De remords attendris un visage endeuillé ?

Notre temps n’est qu’un jour que caressent nos bottes,

Allons notre chemin avant qu’on nous les ôte !

Il n’aura pas vécu qui ne vit qu’à demi,

En nous-mêmes toujours sommeille un ennemi.

Hommes ! Relevons-nous, en haut notre oriflamme !

A n’être que fumée, qu’au moins plane notre âme…

 

Sébastien BROUCKE

27 et 28 décembre 2011

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