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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 22:00

 

Visage

 

C’est la nuit, la noire, où vont les fantômes,

Où l’on donnerait pour une couleur,

Plusieurs jours de joie, tellement la peur,

Déteinte nos joues d’un blanc monochrome…

 

On avance, on tremble, et là la sueur,

Perlant sur nos fronts, inondant nos paumes,

Transformant le cœur en petit atome,

Fait d’un continent une île sans sœurs…

 

Va mon âme, va, tombe en la prière,

Il n’est de forêts qui n’aient de clairières !

Ton soleil viendra comme il vint hier,

 

Ne doit-il briller pour que ton œil ait,

Comme l’oisillon dans son nid douillet,

L’envie de planer dedans ses lumières…

 

Sébastien BROUCKE

6 & 8 mai 2012.

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 16:15

 

Le-fossoyeur.jpg

 

Nous allons à dos d’âne, ad vitam aeternam,

Eloigner des chardons nos mâchoires brisées,

Mais inlassablement nous revenons poser

Nos lèvres abimées aux fleurs qui les réclament !

 

Sans cesse mélangeant des sueurs qu’on éponge,

Nous couronnons nos fronts des épines du jour,

Et louangeant le vain, nous flattant à rebours,

Nous montons un baudet qui broute ou qui s’allonge.

 

Les remplissant d’une eau descendant l’Aberrance,

Nos regards noueux noirs, comme des cœurs tordus,

Se retournent déjà vers ces jardins perdus,

Où nous abominions les saintes transhumances !

 

Regrettant la chaleur pénible des étables,

Nous pleurerons bientôt l’agneau de nos manteaux,

Nos corps trouvant trop lourds leurs vêtements de peau,

Nous remplirons les cieux d’un foudre inéluctable.

 

La flemme s’élevant vers ces nues invisibles,

Pour qu’aux champs bleus revienne, inexorablement,

Ce printemps qui mugit jusqu’en nos bâillements,

La justice poindra, soleil immarcescible !

 

Ainsi la beauté va souffreteuse en corset…

Viens que je te harnache, engeance sans mission,

Toi qui te veux sans charge, emporte en rémission,

Le souvenir jeté de ta gloire aux fossés !

 

Sébastien BROUCKE

4 & 5 mai 2012.

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 04:30

 

Cascades.jpg

 

Aux larmes de rire importunes plient,

Sous votre regard miséricordieux,

Nos jeunesses vives, ensevelies !

Et là, sous vos astres silencieux,

Elles attendent, ébahies, que Dieu

Revienne et que jamais n’aillent mourir

Les jours perdus et les vœux pieux

Que l’eau d’un passé dormant leur soupire…

 

Comme la gouttière aux herbes goulues,

Peut-être poindra dans vos tristes lits

Cette gaieté qui vous tombait dessus ;

Nombreux sont les souvenirs embellis,

Que chacun garde au frais puis qu’il relit…

Mais quel charmant torrent court et ramène

Les vaguelettes qui font son roulis ?

Aux jeunes joies noyez vos vieilles peines…

 

Sébastien BROUCKE

13 avril 2012

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 18:00

 

Le-mourant.jpg

 

Un hiver sans victime et sans mort cette guerre,

Ne plus m’aller nourrir chaque jour à ces bouches,

Me réjouir des corps que leurs lèvres ne touchent,

Enfouir mes cercueils sans larmes et sans chair ;

 

M’endormant dans des chants importuns et diserts,

Quand tonnent tant d’oiseaux sans gober une mouche,

Renaître dans les prés où les jonquilles couchent

La blondeur ébahie dedans les tapis verts ;

 

Abandonner ma pioche et dédaigner l’appel,

Me poser simplement comme une coccinelle,

Courbant sous mon poids seul l’herbe qui se hérisse,

 

Et colorant ma vie de soleils mordorés,

Enivrer tous les cieux de corbeaux effarés

Par l’absence de vers sous les fleurs qui jaillissent…

 

Sébastien BROUCKE

12-13 avril 2012.

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 11:45

 

Coquelicots.jpg 

 

Pour ma maman chérie

 

Le coquelicot court aux terres à patates

Tâter du radicule, obèse ou bien joufflu,

Le sage tubercule étonné par la patte,

Qui porte à l’inconnu sa beauté superflue !

 

Le rougeoiement qu’il est vient à la pluie battante

Égarer sa couleur dans les cieux délavés,

Et ce pétale heureux dans la chaleur montante,

S’écrase sans planer sur les sols lessivés...

 

Couché, enseveli, on le voit qui ne dure

Que la moitié d’un jour, qu’une vie à demi ;

Pour qui fuyait l’allée ou s’éloignait des murs,

Une ou deux gouttes d’eau viennent en tsunami.

 

Chaque fleur porte en elle un peu de porcelaine,

Mais la légèreté du fragile pavot,

Me rappelle toujours ces femmes trop humaines,

Que les larmes du temps blessent de leurs ruisseaux !

 

La belle et le ponceau tombent l’âme emmêlée,

Dans la fange, la boue, en une heure, un instant ;

L’amour n’y peut rien faire et ne peut recoller,

L’écarlate à la tige et l’amante à l’amant…

 

Est-ce un dieu dans les cieux qui d’humeur capricieuse

Lance outré de ses nues la ride ou l’aquilon ?

Est-ce un ange aveuglé par la beauté captieuse

Qui lacère vos chairs dans ses serres d’aiglon ?

 

A voir tant de douceur, qui croirait que pavoisent

Dans la plante éphémère ou dans vos yeux bleus, verts,

Quelque sombre pensée, immortelle ou sournoise,

Quelque indigne dessein, quelque ignoble mystère ?...

 

Triste billevesée, désaveu, amertume,

Tout s’acharne à briser l’immense qui a plu ;

Tout est coquecigrue, tout est futile brume,

Tant le charme d’une heure en un instant n’est plus.

 

Ce qu’enfantent vos vies, ce que les peines fondent,

Se noie sans un regret dans la profusion,

Et vos rêves perdus brisent sans fin la ronde

Où main dans la main dansent vos illusions…

 

Vous chutez avant l’heure et tombant sans abeille,

Demandez en mourant si vous avez été,

Mais pourquoi guettez-vous les retours d’un soleil,

Dont les rayons tranchants vous vont décapiter ?

 

Revenez à ce champ où les hommes de terre

Sommeillent grossissant le royaume des morts ;

Effleurant la racine où tout aime à se taire,

Peut-être du grand fleuve étant sur l’autre bord,

 

Sauront-ils vous parler de ce qu’on n’ose croire,

Et dessillant vos yeux, ces mondes sans pareil,

Près des pavots fanant dessous la pluie du soir,

Rempliront-ils vos cœurs de souvenirs vermeils…

 

Sébastien BROUCKE

9-10 avril 2012.

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 17:30

 

femme papillon

 

Tu traverses ta vie comme un sentier d’été,

Tes jours sont parfumés d’heures printanières,

Ensemencés de pas que tu n’oses compter,

A travers les sous-bois comme au fond des clairières ;

Tout est cible alentour quand dardent d’allégresse

En flèches l’invisible, en beauté la clarté,

Que sur toute verdeur tombe à pleine vitesse,

La joie qui vient partout ne rien ensanglanter…

Caressant tout autant l’épine que les lys,

La lueur descendant demande que se hissent,

Vers tes cieux en prière où pas un dieu ne dort,

La fleur, l’herbe, l’épi, les arbres, tes transports !

Des poussières d’azur s’ébattent sur ton lit,

Quand la loi de ton corps s’éprend de ta folie…

Mais qu’importe ici-bas et l’aigle et le grillon,

Car l’ocre n’est pas moins qu’un ardent vermillon !

Observe la limace à la marche prudente,

Puis guette la fourmi toujours impatiente,

Pas une au dernier jour ne sera en retard…

Le fils d’un grand amour n’est jamais un bâtard !

S’ils ne t’excusent pas, comprends et réalise

Que tout astre est éteint par un panache blanc,

Quant à ton lit défait, à ta faute commise,

Que Dieu ne renie pas sa joie dans un enfant !

Des fleurs vont par milliers cachées dans les feuillages,

Et c’est un jour de vent qui les porte à la vue,

Comme ordinairement dissipant les nuages,

Un souffle ente en nos yeux le soleil dans ses nues ;

Appréhende tes jours comme un venteux voyage,

Tu ne peux rien en faire et n’en a pas le temps,

Laisse ici ton bagage, pourquoi des vêtements,

Bois l’eau de ton vallon, respire sur ses crêtes,

N’emplis que ton regard, laisse ouverte ta main,

La morale n’est rien, seul le cœur est honnête,

C’est lui qui te transporte où qu’aillent tes chemins !

Tu n’es pas une erreur, tu es mieux, mais comme aile,

Ne t’interdis jamais, muse, de t’élever,

Te souvenant que vivre est un bienfait mortel ;

Tu n’es ni là pour fuir ce qui doit arriver,

Ni craignant de pâlir t’en vouloir d’être belle !

Aimant jusqu’à plus soif, osant tout affoler,

Puisque rien n’est à nous, éprends-toi sans armure

De cette liberté qu’entourent tes hauts murs,

Aime, rêve, égérie ! Plus loin, jusqu’à voler…

 

Sébastien BROUCKE

Terminé le 6 avril 2012.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 15:30

 

Ange se prenant la tête

 

Tu devines parfois qu’en toi sommeille un traître,

Si tu ne l’aimes pas, du moins tu l’as flatté,

Ecoutant respirer à défaut d’apparaître

Ce fauve épris d’inanité !

 

Te perdant en ce double un peu plus chaque jour,

Tu confonds désormais le risque et le courage,

Et dégueulant des vers qui te rendent plus sourd,

Cru con devenait libre en devenant volage !

 

Demeurant enchainé au fou qui t’accompagne,

Avance autant que peut le faire une montagne !

Le cœur lourd et chargé, tu te meurs confident

De ce puissant félon dont les désirs te brisent…

 

Leur sagesse n’est rien aux enfants imprudents,

Va, contemple ta vie de misères exquises,

Trahir te rendra repentant !

 

Sébastien BROUCKE

29 mars & 3 avril 2012.

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 09:00

 

Le baiser

 

Comme un bateau perdu dans un aéroport,

Tu es ce bois flottant que l’abyssal soulève ;

Planant au fond des eaux, tu vogues dans ce rêve

Lucide où tout soudain t’éloigne de ton corps !

 

Tu t’accroches aux draps, en toi tu t’évapores,

Un jour nouveau te vient quand la journée s’achève,

Tu goûtes des soleils aux lunes qui s’élèvent,

Découvrant en tes cieux cette autre que j’ignore…

 

Qui t’exhausse au plafond, - tu nous vois dans le lit ! -,

Qui t’arrache à ta chair où je sens qu’endormie,

Tu deviens sans bouger quelque âme fissurée ?

 

Holà ! Quelqu’un sait-il les efforts qu’il faut faire

Pour jaillir de soi-même à l’onirique sphère,

Quand au creux de nos os l’esprit rampe emmuré ?

 

Sébastien BROUCKE

28 mars 2012.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:00

 

Lune.jpg

 

Je tombe de la lune aux toboggans des toits,

Où glissant sur l’ardoise ou la tuile de terre,

S’éclate le silence emporté par son poids

Comme en rayons brisés l’étoile sur le verre !

 

Je m’avance sans bruit, je vais audacieux,

Rebondir aux miroirs des rêves de vos lits ;

Descendant sans échelle et du barreau des cieux,

Je porte en vos sommeils les plis de la vraie vie !

 

Recevez-vous au moins ce que je vous envoie,

Et combien d’entre vous savent encore y lire ?

Qui reconnait mes mots à défaut de mes doigts,

Quand j’écris en vos cœurs ce qu’ils devraient me dire ?

 

Tout est sombre alentour, cauchemars, cris, huées,

Puits taris, nues sans elle, amertume, tristesse…

Ah ! Que de sécheresse où pourraient affluer

Des rivières de joie, des fleuves d’allégresse !

 

Mais qu’en avez-vous fait de ma bonté, géants,

Votre herbe a-t-elle bu l’encre de chaque nuit,

Vos cœurs sont-ils restés ces gouffres noirs, béants,

Que ne remplit jamais cet astre au loin qui luit ?

 

Sébastien BROUCKE

27 mars 2012. 11h-12h.

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 20:00

 

rois-mages.jpg

 

D’Orient rayonnait sans un bruit,

Devant leurs yeux émerveillés,

Une étoile filant celui

Qui venait pour les éveiller.

 

Allaient-ils férus de magie

Chercher leur roi chez des Hébreux,

Et pourquoi cette apologie

De trois amis faisant un vœu ?

 

Leur chemin ne fut pas tout rose,

Bien monotones les décors,

Des déserts blancs où Dieu ne pose

Que des brûlures sur des corps.

 

Traversant des dunes obèses,

Et suivant un grain de folie,

Leurs regards fixaient cette braise

Dont tous semblaient à l’aphélie.

 

Nos hommes menaient dans le sable

Leur caravane sans sommeil,

Leurs empreintes ineffaçables,

Qu’éclairait de nuit leur soleil !

 

Sans doute chantant leurs cantiques,

Glorifiant des cieux la bonté,

C’est en leurs langues sémitiques

Qu’ils louaient la Divinité.

 

Pourtant quel astrologue eut pu,

Sans passer pour le roi des sots,

Suivre une étoile dans les nues

Pour voir un dieu dans son berceau !

 

Quel amour, quel amour déclenche

Chez un savant la déraison,

Quel fruit tomberait de la branche

D’un arbre privé de saison ?

 

Ils vinrent sans être des ânes,

Depuis la Perse reculée,

Vers Bethléem où sans soutane,

Naissait un prêtre immaculé.

 

Aucun ne daignant héberger

Le prince qui rend à la Vie,

Il ne restait qu’aux étrangers

L’honneur d’honorer le Messie…

 

Etaient-ils prélats, rois, ascètes,

Ceux qui venaient offrir leur or,

Leur myrrhe, leur encens, la fête,

Aux parents d’un enfant qui dort ?

 

A leur quête que j’exacerbe,

Oubliant les colifichets,

Approchant du Sauveur imberbe,

Du sable ils vinrent au Rocher.

 

Si de religieux simulacres

Gardent souvent chacun chez soi,

Il est des vies que Dieu consacre

A l’absurdité de la Foi !

 

C’est à côté d’une fermette,

Dans une étable, qu’à genoux,

Nos mages penchèrent la tête

Vers l’enfant du Créateur fou !

 

Le bambin rêvait allongé

Sous leurs yeux en adoration,

Couché près d’un bœuf qui mangeait

Sans leur prêter nulle attention.

 

Se prosternant dans l’antichambre

Du Dieu des dieux, du Roi des rois,

Trois païens devinrent trois membres

D'un Temple où retentit la Joie !

 

Dans les méandres méphitiques

Où l’âme humaine prie ses saints,

Reste-t-il un cœur hermétique

Qui pourrait ne pas battre en vain ?

 

Tout diable en Hérode escogriffe,

Voudrait voir l’Enfant au tombeau,

Mais de l’Egypte aux hiéroglyphes

Est sorti le Fils du Très-Haut !...

 

Sébastien BROUCKE

5-8 mars 2012

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