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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 16:30

 

Caspar David Friedrich

 

 

Vous n’en eûtes jamais et j’en devrais avoir,

Avez-vous regardé la lune en sa nuit noire,

Quelle étoile dévie de la route tracée,

Dois-je me repentir de vous avoir pensés ?

 

Sur vous, sur vos enfants, je convoque les cieux,

J’en appelle à la loi, à la justice, aux dieux ;

J’en appelle à l’orage, aux comètes, aux flammes,

Je demande qu’enfin on vous démembre l’âme !

 

Ma colère est sans nom car elle est sans égale,

Vous serez ce festin, vous serez ce régal,

Vers lequel, affamés, les prophètes me poussent,

Je vous veux sans un souffle, oui, vous périrez tous !

 

L’amour dégringolant, je m’en viens dévorer

Votre orgueil que je broie puis que je vomirai.

L’ire de mon courroux, je l’entretiens, l’attise,

Pour que brûlent sans fin tous les yeux qui y lisent !

 

J’approche enfin, jaloux, je consume vos corps,

Et ce qu’en eux j’étais je le jette dehors !

Vous ploierez sous la peur, demanderez pitié,

Car en avez-vous eu quand on vous la criait ?

 

Voyez ! Je suis, j’avance, et je rends au centuple,

Ce que pas un chez vous n’a produit au septuple !

Où l’avez-vous brûlé, dans quel âtre, quel feu,

L’enfant que vous n’avez été qu’un jour ou deux ?

 

Tout le grain de ma joie, de la paix, de l’amour,

A séché dans vos cœurs comme une argile au four.

Vous avez tout détruit, le voile est déchiré,

Vous n’êtes qu’un blé mort qui recouvre mes prés !

 

Je déteste le tiède, je hais l’insipide,

Je vous rêvais en blanc, je vous verrai livides !

Je vous offre en linceul ce drap qui sépara

Vos cœurs d’avec mon ciel, vos mains d’avec mon bras !

 

Votre esprit sans saveur me gâte tous les mets,

Ma patience est à bout, ah, je vous le promets,

Aux amères journées, aux années écœurantes,

J’ôte les lendemains, je démonte l’attente !

 

Me faisant assassin ainsi que vous le fûtes,

Je ne vous laisse plus une seule minute.

Riez, mais faites-vite, il reste peu de temps,

Bientôt dedans vos doigts vous tomberont les dents !

 

Remplies de vide immense et de méchancetés,

Des panses gonfleront à vouloir éclater,

Sur vos ventres vos mains cesseront de taper,

J’en ferai des tambours que fendront mille épées !

 

Je répands sur chacun la peur dedans son sang,

Etouffez-vous ensemble ou noyez-vous dedans,

Je ne veux plus jamais regarder cette image,

Où j’espérais, naïf, contempler mon visage…

 

Vous alliez revêtus de richesse éphémère,

Mais à les amasser goûtez ce qu’on y perd ;

Epinglés de rubans, pendus dans vos colliers,

Vos vies ne valent pas le prix de vos souliers !

 

Vous vous gaviez sans fin de peines, de faiblesses,

Vous dégustiez moqueurs le pauvre en sa détresse,

Ah, vous ne mordrez plus la veuve et l’orphelin,

Vous aurez vos remords pour derniers bouts de pain !

 

Que ferai-je de vous…? Même un luciférien

Ne voudraient de vos chairs pour en nourrir ses chiens !

Larves de niveau deux, qui croyiez-vous donc être,

L’univers m’offre-t-il une fosse où vous mettre ?

 

Fuyez, fuyez, qu’importe, on ne m’échappe point,

Je suis, j’agis. Chasseur vous traquant avec soin,

Je verse l’amertume où chacun viendra boire,

Déjà montent vos cris quand je descends vous voir…

 

Je harponne vos corps avec des vers rouillés,

Abîmant en vos cœurs, sur vos lèvres souillées,

Le vin de ma douleur car pour l’éternité,

Je suis vidé d’un homme empli d’inanité…

 

 

Sébastien Broucke

23-27 mars 2013

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